[Interview] Marion, blogueuse, marketing & sport

Les blogueurs voyage sont de plus en plus nombreux. Ils sont aussi de plus en plus suivis par des communautés de personnes qui pourraient vite devenir des clients, des voyageurs. Tous ne vivent pas encore de ce nouveau métier d’influenceur mais en regardant quelques années en arrière, la différence est flagrante. Ils pèsent aujourd’hui dans le secteur pour la visibilité des destinations et des marques du voyage.

Je voyais dernièrement dans un magazine économique un classement des blogueurs voyage sur des critères de qualité de contenu, de taille de la communauté et de son indépendance par rapport à leurs « clients ».

Puisque le travail d’ID-Tourism est, entre autres, d’accompagner les destinations à construire leur stratégie marketing et donc leur visibilité et attractivité, nous sommes de fait en relation avec des blogueurs du secteur. Ils font parti la fois des plus reconnus (tableau ci-dessus) et des jeunes pousses. C’est dans ce cadre que j’ai pu rencontrer Marion Prigent, dans ma cité originelle de Strasbourg. Nous avons paratager un déjeuner gourmand dans une ancienne brasserie transformée en bistrot traditionnel. Voilà en quelques questions notre échange.

Peux-tu te présenter rapidement Marion… Qui es-tu ?!

Hello ! Moi c’est Marion Prigent, 29 ans, basée à Strasbourg. Je suis Bretonne d’origine et Alsacienne d’adoption. Voyageuse insatiable, Photographe et Sportive passionnée, j’ai orienté ma vie pour faire plus souvent ces choses que j’aime. Diplômée d’un MBA Management du Tourisme et des Services (ESC-LRBST La Rochelle Business School of Tourism), anciennement Chef de projet Evénementiel, aujourd’hui j’allie, job à temps partiel à Decathlon, santé « atypique » sport, et activité de Freelance Photographe I Rédactrice Web Voyage & Tourisme. D’ailleurs, créatrice du Blog Madame Voyage.

Tu as décidé de lancer un blog – Madame Voyage – en l’orientant sur 2 thématiques fortes, la photo & les sports outdoor. Avant de rentrer plus en détails sur ce sujet, est-ce que tu as choisi ces thématiques par pur intérêt personnel ou n’y a-t-il pas aussi une volonté de se démarquer d’autres blogueurs voyage avec un positionnement unique, différenciant ? 

La thématique que je tente de conduire aujourd’hui sur ce blog, c’est de voyager sportivement. Découvrir une destination par le biais d’une de mes activités sportives ou l’occasion d’en découvrir de nouvelles. J’utilise la photo, comme moyen de revivre ces expériences et de les partager.

J’ai bien sûr, choisi ces thématiques par intérêt personnel, puisque ce sont mes passions au quotidien. Par contre, pour ne rien te cacher, le but de ce blog était d’essayer de rassembler tous ces sujets. Je me suis vite rendue compte, que je partais dans tous les sens. Il a donc fallu, que je trouve un fil conducteur, que je revienne à l’essentiel. Qu’est-ce que je voulais faire passer comme message ? J’ai réfléchi a beaucoup de choses en tant que nouvelle bloggeuse, mais pas forcément au positionnement par rapport aux autres. Puis, finalement, j’ai pris le parti de me positionner, plutôt que en tant que lectrice de blogs. A savoir, qu’est-ce que j’aimerais voir de nouveau, sur les blogs de voyage ? Du sport en voyage, des expériences et des rencontres, qui donnent envie de se dépasser et de se sentir bien. Et voilà comment est né ce fil rouge. Je souhaite qu’il ait une dimension non pas de conseils mais plutôt d’inspiration.

Parlons un peu de sport outdoor et d’attractivité touristique. D’après toi, penses-tu aujourd’hui que la nature se pratique différemment d’il y a quelques années ? Est-elle perçue d’une autre manière par les urbains (qui sont de plus en plus nombreux) ? Le sport est-il forcément lié à des activités de pleine nature ? 

La nature ne se pratique pas forcément différemment, mais elle a très certainement évolué, depuis quelques années. Il y a quelques temps, pour résumer, l’été, il y avait le vélo et la randonnée, l’hiver le ski. Après, nous avons cherché à développer les activités sportives l’hiver. Des dérivés du ski, le ski nordique, le snowboard, le parapente/ski et autres. En ce moment, très certainement avec les changements climatiques, nous cherchons à développer l’attractivité des montagnes et des sports qui se diversifient. La montagne n’est plus seulement associée à la randonnée pour personnes retraitées, très loin de là.

Le sport n’est pas forcément Outdoor. En ce qui me concerne, je pratique l’escalade, l’hiver, je suis bien contente qu’il y ait de jolies salles, pour continuer mon activité sans glisser. De même, pour la natation. J’aime beaucoup nager en lac, mais je ne suis pas assez folle, pour nager en combinaison toute l’année, j’adore la piscine traditionnelle.

D’après toi, les destinations touristiques intègrent-elles suffisamment le sport dans leur développement et promotion ? As-tu des destinations référentes en la matière ?

Je ne sais pas si on peut dire « intégrer suffisamment », puisqu’il s’agit d’un positionnement, que chaque destination décide ou non de développer. Il est vrai, que certaines destinations ont un très fort potentiel inexploité. L’aménagement de certaines activités coûte cher, c’est un vrai parti pris. J’ai comme exemple de faire fonctionner certaines remontées mécaniques l’été, pour permettre aux sportifs de faire du VTT, de la randonnée et autre. Par exemple, l’Alsace est une région sportive. Elle travaille son image depuis toujours, à commencer par les pistes cyclables jusqu’aux centaines de kilomètres de sentiers balisés de randonnée pédestre ou VTT, Vélo.

Actuellement, il y a de grosses problématiques autour de l’enneigement dans les stations à la fois dans ton coin sur le Massif des Vosges mais aussi chez moi dans les Alpes. Forcément, les fans de ski sont un peu tristes actuellement. D’après toi, que doivent faire les stations face à cela ? Les blogueurs peuvent-ils avoir un rôle pour faire évoluer le regard sur l’adaptation des activités outdoor face aux enjeux environnementaux ?

La question est délicate, puisque la problématique reste récente. Mais je pense qu’il va falloir considérer pour de bon, que les périodes Touristiques Eté/Hiver se décalent. La période hivernale se raccourcie nettement. La période estivale a tendance à devenir plus longue. Les activités sportives doivent être diversifiées, pour attirer des personnes tout au long de l’année. C’est dans ce cadre que les blogueurs peuvent avoir un rôle important à jouer. A savoir, découvrir le potentiel du territoire, les activités déjà existantes, les pratiquer entre les deux grosses saisons, pour inspirer les gens à changer leurs habitudes.

On voit apparaître de plus en plus d’évènements sportifs se créaient en milieu naturel comme les courses de trail, les mud days et autres spartan race. La concurrence devient assez acharnée entre les territoires. Penses-tu que c’est une bonne chose ? Comment se positionne une blogueuse comme toi dans ce potentiel pouvoir d’influence ? 

Il y a effectivement plusieurs types de tourisme sportif : le tourisme sportif de compétition et le tourisme de loisir qui est un moyen alternatif pour découvrir une destination. La concurrence est toujours une bonne chose, car elle permet de faire mieux, d’innover. La concurrence acharnée en revanche n’en est pas une, parce qu’après il y a la question de l’environnement. Un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Bien que je n’en parle pas de manière objective, j’aime montrer qu’il est important de préserver notre environnement. Dans ces cadre-là, parfois les choses ne sont pas organisées de façons responsables.

Les blogueurs ont un fort pouvoir d’influence sur ce genre d’événement important. Il s’agit souvent d’événements attendus d’une année sur l’autre. Si le blogueur suscite l’attention de ses lecteurs sur sa propre discipline ou sur une expérience particulière, certaines personnes auront envie de s’identifier et de reproduire l’expérience lue.

Enfin, le sport outdoor n’est pas qu’une question de transpiration et de record, il s’agit aussi d’un moyen pour des personnes de mieux se connaître, de se reconnecter, non ? Qu’en penses-tu ? 

Tu ne croyais pas si bien dire ! C’est ce que je disais succinctement au-dessus. Il y a différent type de tourisme et d’aspirations, le record. Certaines personnes cherchent une performance physique et chiffrée pour être fière d’eux. Certaines personnes cherchent à découvrir des lieux avec leur sport passion. D’autres cherchent à cumuler des expériences différentes, pour chercher de nouvelles sensations, se dépasser. Le but final est le bonheur. C’est quelque chose de très subjectif qui appartient à chacun. Je suis convaincue d’une chose, c’est que de cumuler des expériences, de voyager sportivement aide à avoir une autre vision du monde et aussi de soi, apprendre à mieux se connaître, faire plus souvent les choses que l’on aime, tout simplement pour être heureux au quotidien. C’est ce que j’aimerais partager à mes lecteurs, les inspirer, qu’ils passent le cap, qu’ils soient heureux pour eux.

Une démarcation des blogueurs essentielle de nos jours …

Après cet échange avec Marion, je me suis clairement dit qu’elle avait un magnifique créneau à développer sur ce positionnement. C’est inspirationnel pour beaucoup de personnes et surtout pour elle. Le sport, un moyen de se dépasser et de découvrir à la fois l’Autre, une destination et bien sûr soi-même.

En terme marketing, la nécessité aujourd’hui pour un blogueur de se démarquer est clairement essentiel. Un blogueur, c’est comme une marque d’influence. Il faut donc qu’il y ait une image perçue claire pour le lecteur. En arrivant sur le site Internet et les publications sur les réseaux sociaux d’un blogueur, il faut une cohérence des publications, une ligne directrice claire, identifiante et différenciante. C’est de cette manière que les destinations et les marques vont pouvoir parfaitement s’identifier à la communauté du blogueur. Ca paraît bien sûr logique comme ça mais bon le marketing, c’est beaucoup de bon sens !

Côté destination, sport & attractivité touristique, je pense sincèrement que les destinations n’exploitent pas assez ce créneau sportif à part aujourd’hui sur des évènements spécifiques comme les trails ou les courses à obstacle mais ça reste des évènements ponctuels qui ne sont pas forcément logique par rapport à l’image perçue de la destination ou la stratégie posée.

Ce serait intéressant d’imaginer une destination touristique qui porte la vision du sport comme axe structurant dans la stratégie en arrivant à la décliner également auprès des différents prestataires touristiques du territoire (hébergements, activités, musées, restauration, sites de visite, etc.). En y réfléchissant, une ville comme Grenoble où je vis désormais depuis quelques mois pourrait très bien prendre ce créneau car la ville ne porte pas réellement d’image perçue forte en matière touristique. Tiens, c’est une bonne idée, je vais en parler à M. Piolle, le maire de Grenoble !

Merci d’avoir lu jusqu’au bout! 🙂

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism & Président Acteurs du Tourisme Durable (A suivre sur Twitter)

Vous êtes une collectivité et vous voulez mettre en place une stratégie marketing intégrant les influenceurs ? Vous pouvez cliquer 🙂

 


[Interview Blogueur Voyage] Rencontre avec Madame Oreille pour en savoir plus sur les relations Blogueurs / Destination

Suite au salon ITB de Berlin et ma participation à la conférence sur les blogueurs voyage et Snapchat qui m’avaient donné une certaine cure de jouvence (lire l’article), j’ai décidé d’aller interviewer Aurélie Amiot aka Madame Oreille qui a monté le Collectif des Blogueurs Voyage pour en savoir plus sur ce métier et sur leur travail avec les destinations ou autres marques du secteur du tourisme.

Salut Aurélie, peux-tu me présenter le collectif des blogueurs voyage ?

Le Collectif, c’est l’association de plusieurs blogueurs dont les personnalités et compétences se complètent. On a monté le Collectif il y a bientôt quatre ans, à une époque où tout était encore à défricher en France !
On développe des campagnes avec des influenceurs, et on fait aussi de la création de contenu.

On gère tout à trois, avec Adeline (Voyages Etc.) et Julie (Carnets de Traverse) mais on est six en tout dans le Collectif, et on travaille régulièrement avec d’autres blogueurs. On fait une veille permanente qui nous permet de toujours savoir quel est le blogueur parfait pour chaque thématique.

Peux-tu me donner ton point de vue sur le rôle des blogueurs aujourd’hui dans l’industrie du tourisme, de manière globale ?

Les choses commencent à vraiment changer. Beaucoup d’acteurs du tourisme commencent à comprendre qu’il est possible d’inclure des blogueurs dans une stratégie digitale, et on est aussi là pour les aiguiller, justement !

Il faut comprendre qu’un blogueur c’est à la fois quelqu’un qui a une communauté (sur son blog et sur les réseaux sociaux, des lecteurs quantifiables et analysables, ce qui est très important : on sait précisément qui lit quoi), mais aussi un ensemble de compétences. C’est donc intéressant d’utiliser les blogueurs en osant sortir du cadre blogtrip traditionnel et construire avec eux des campagnes orientées storytelling, ou de leur faire réaliser du contenu (photo, textes, vidéos) qui correspondront à la patte du blogueur (des choses plus authentiques que le contenu corporate classique !)

Au niveau international, qui sont les blogueurs voyage les plus connus ? Influenceurs ? Quelle est la taille de leur communauté ? Sur quel(s) réseau(x) sont-ils ?

C’est difficile de répondre à une question comme celle-ci. Si tu regardes la listes des blogueurs présents sur certaines conférences comme le Social Travel Summit, ou des opérations internationales comme #NBEFinland, voire les campagnes iAmbassador, tu as quelques noms qui reviennent. Mais à chaque fois que je discute avec des blogueurs étrangers, je ne peux que constater qu’on ne travaille pas du tout de la même manière. Les chinois sont absents de Facebook, bien sûr, et les américains prennent Instagram et Twitter très au sérieux, par exemple.

Et en terme de chiffres, c’est très variable, mais globalement les blogs français sont au final plus lus que les anglophones (il est plus facile de se faire une place sur le marché français) même s’ils affichent des comptes Twitter avec 6 chiffres !

#NBEFinland est un événement qui réunit tous les ans des blogs des quatre coins du globe, en même temps qu’un grand salon du tourisme à Helsinki. En plus des conférences, les blogueurs participants sont invités à découvrir différentes régions. (Laponie, Aurélie Amiot)

Et en France ? C’est vous les « meilleurs » ?

On était les premiers à se lancer, on a donc l’avantage de l’expérience et de la maturité 😀
Plus sérieusement, le positionnement du Collectif s’est toujours voulu qualitatif : produire de beaux articles, s’appliquer sur les photos, les textes. Je pense que c’est le futur. Le marketing de contenu a tellement explosé que les gens sont noyés ; il y a plus d’articles, que de lecteurs potentiels. Donc, si on veut retenir leur attention et les convaincre de partir quelque part, il faut les attraper par la qualité et l’émotion !

On insiste aussi beaucoup sur la notion de cible (et c’est pour cela qu’on affiche un code éthique : pas d’achat de fans et autres tricheries qui faussent complètement les analyses). Il faut toujours choisir un blogueur en fonction de son lectorat, et le voyage est un domaine vaste. Le meilleur blogueur pour parler d’un restaurant gastronomique ne sera pas le même que pour parler d’une rando, par exemple. C’est aussi pour ça qu’on s’est associé à plusieurs pour monter le Collectif : chacun couvre une cible particulière, avec son domaine, son style. On a donc peu de lecteurs en commun, mais la capacité de couvrir à plusieurs toutes les facettes d’une destination.

Fribourg-en-Brisgau : l’Allemagne est un fidèle partenaire du Collectif avec 5 campagnes déjà réalisées et de nouvelles à venir ! (Aurélie Amiot)

Quand je suis sur les grands salons internationaux comme ITB ou WTM, je ne vois que très peu de blogueurs français présents, aucun en tant que speaker, quelques-uns dans les couloirs, assistant à des conférences… pourquoi ? On est en retard en France ?

La première chose, c’est qu’il y a très peu de blogueurs professionnels en France. Je pense que c’est intéressant, pour un blogueur qui a envie de se professionnaliser, de se rendre dans ces événements, mais ça suppose du temps et de l’investissement que tout le monde n’a pas.

Ensuite, je crois qu’on n’a pas la culture “speaker” en France : ça suppose à la fois un bon niveau d’anglais, une certaine assurance, et des capacités d’orateur ! Et puis oui, clairement, il y a très peu de belles opés en France, même si ça change doucement…

Et sur les salons du tourisme en France, SMT, IFTM Top Resa, on vous appelle pour parler de votre métier ?

Assez peu, au final. Il y a quelques initiatives, mais l’axe blogueur professionnel intéresse pour l’instant peu. C’est dommage, parce que je pense qu’on a des avis et des idées qui pourraient ramener un peu de nouveauté et de fraîcheur. Les blogueurs sont des gens passionnés et des voyageurs, ça nous permet aussi de penser des opérations conçues pour véritablement plaire aux lecteurs.

Avec qui travaillez-vous surtout avec le collectif ? Des destinations en France ? Des destinations internationales ? Des tour-opérateurs ? Des groupes hôteliers ?

Pour l’instant, on travaille majoritairement pour des destinations étrangères mais on aimerait beaucoup développer des concepts en France. Nous avons fait une belle campagne pour le Berry, et nous travaillons en ce moment sur la Loire.

Promotion du cyclotourisme dans la Brenne, dans le cadre d’une campagne menée par le Collectif pour Berry Province (Aurélie Amiot)

Comment a évolué votre relation avec les marques ces 2-3 dernières années ? C’est plus facile aujourd’hui de monétiser vos services de content marketing ? Les marques comprennent-elles la valeur ajoutée de vos propositions ?

Là encore, c’est le grand écart entre celles qui comprennent ce qu’on peut apporter outre notre notoriété, et celles qui sont restées à l’échange de marchandise. Dans la mode, on voit vraiment de belles campagnes, avec des collaborations super créatives où les marques ont su faire confiance aux blogueuses et profiter de leurs compétences. Dans le tourisme, les marques sont très frileuses.

Il y a encore beaucoup de stéréotypes sur votre métier comme par exemple que ce n’est pas un métier…  Quels sont ceux que tu voudrais casser là ?

Je pense effectivement que beaucoup ne se rendent pas compte du travail fourni (chaque article représente plusieurs jours de travail, entre les photos, le texte…), et pas compte non plus de ce qu’on peut apporter, et donc pourquoi nous rémunérer. Je prends un exemple qui m’attriste et m’amuse à la fois : une destination voulait me faire partir accompagnée par un photographe qui réalisait en même temps les photos destinées au site. Ils n’avaient simplement pas envisagé que ça leur coûterait moins cher et serait plus efficace de me confier la réalisation des photos (c’est le genre de prestation que je vends justement souvent).

Et sinon, d’après toi, s’il fallait faire une initiative un peu sympa, originale pour promouvoir la destination France à travers des blogueurs, que faudrait-il faire ? Manque-t-il quelque chose à la base sur l’environnement général pour la promotion de la France à l’international, ou a-t-on ce qu’il faut via Atout France pour intégrer les contenus des blogueurs ?

La difficulté en France, c’est qu’il n’y a pas de bureau général qui gérerait la promotion de la destination à l’étranger. Ça rend déjà beaucoup de choses plus compliquées. Du coup, personne ne sait quel hashtag utiliser, par exemple.
Mais je me demande si on ne devrait pas retravailler un peu le “produit” France, avant de réfléchir comment en assurer la promotion, c’est peut-être ça qui nous remettrait aussi dans la course.

Et enfin, quels arguments présentez-vous aux marques pour travailler avec vous ? La taille de votre contenu ? Votre pouvoir d’influence ? Les ventes suite aux campagnes ?

Il ne faut surtout pas travailler avec des blogueurs en espérant des ventes directes et immédiates, même si on a souvent des messages de lecteurs qui sont allés refaire nos itinéraires !
Pour moi, le plus gros avantage qu’une marque a à travailler avec nous, c’est qu’elle va pouvoir cibler des publics spécifiques et nous utiliser comme porte-voix. Notre influence vient du fait de notre crédibilité : les lecteurs nous font confiance (et on est transparents avec eux).

Merci Aurélie et je te souhaite de beaux voyages avec le Collectif!

Guillaume Cromer, consultant tourisme (Suivez moi!)


Blogueurs, Snapchat et cure de jouvence

L’ITB 2016 …

A ITB à Berlin, on sent bien l’évolution des tendances dans le milieu du voyage. Il suffit de regarder l’affluence des conférences organisées aux quatre coins du Berlin Messe. Ce vendredi après-midi, je me suis laissé embarquer par Sébastien (cc MyDestination) et Adeline (Voyagesetc.) sur le forum 6.1 consacré au e-travel pour écouter deux conférences qui se sont enchainées, l’une sur le travail des blogueurs avec les destinations, l’autre sur l’utilisation de Snapchat dans le marketing touristique. Mon 1er sentiment… salle plus que pleine, des gens debout pour écouter les échanges. De la génération Y mais pas uniquement, des décideurs, des professionnels divers et variés.

Côté blogueurs, pas d’annonce exceptionnelle à retenir des échanges, juste leur montée en puissance, leur professionnalisation grandissante, leur capacité à monétiser leur contenu, leur travail de prescription et d’influence, tout ça soutenu par des chiffres boostés pour analyser le ROI. C’est beau.

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Snapchat ?

Puis, c’est au tour de la conférence sur Snapchat… Là, j’entre dans une nouvelle dimension. Deux minettes sous LSD débarquent, déchainées, imparfaites, colorées, fraiches et pétillantes. Elles doivent avoir la vingtaine et j’ai presque l’impression d’avoir été invité à un talkshow japonais hypercoloré…

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 Une visibilité non négligeable

Entrecoupé de leurs derniers Snap, elles présentent des chiffres impressionnants de ce réseau social en plein boom. 100 millions d’utilisateurs actifs quotidiens ! 65% d’utilisateurs qui publient au moins un snap chaque jour ! 30% de la génération Y aux Etats-Unis utilisent régulièrement Snapchat. 9000 snaps photo par secondes… 8 milliards de vues de vidéos chaque jour !

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Cette génération, au delà de la génération Y

Bien sûr, on imagine que cela cible une clientèle particulière de (très ?) jeunes mais impossible de laisser ce phénomène de côté (73% sont de la Génération Y – 32% de 13-17% / 45% de 18-24%). Avec mes acolytes français, on se regarde et on pense tous la même chose. On est vieux… Leur énergie débordante, leur attitude YOLO (You Only Live Once) sur les snaps est assez déconcertante. On s’imagine mal faire ce qu’elles proposent. Cette génération est totalement décomplexée. Il va falloir s’y faire, à la fois pour bien les appréhender en tant que client mais aussi en tant que partenaire influenceur. Un beau challenge pour nous, trentenaire… Une révolution totale pour la génération précédente.

Guillaume CROMER, directeur ID-Tourism (Suivez moi sur Twitter & sur … Snapchat #Krom82 )

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WTM Londres – Des Trophées & un faucon…

La semaine dernière, je me suis rendue pour la 1ère fois au salon mondial du Tourisme à Londres, le World Travel Market où le tourisme responsable a toute sa place ! Voilà mes impressions !

Valérie Nadisic (chef de projet / freelance) & Isabelle Rohan (consultante ID Tourism)

Une autre vision du tourisme durable

En ce qui concerne les conférences en général, il est clair que la thématique du tourisme durable est plus avancée au Royaume-Uni qu’en France où l’on ne se pose plus la question de comment définir le tourisme durable et s’il s’agit d’un marché en particulier ou pas. Non, le tourisme durable est intégré à toutes les thématiques et aux différents marchés du tourisme. D’ailleurs, lors des différentes conférences les thématiques sont déclinées à travers les destinations et le rôle des gouvernements, les aires naturels sensibles, la pauvreté, la protection des enfants, le changement climatique ou encore la parité des genres.

(suite…)