[Interview] Marion, blogueuse, marketing & sport

Les blogueurs voyage sont de plus en plus nombreux. Ils sont aussi de plus en plus suivis par des communautés de personnes qui pourraient vite devenir des clients, des voyageurs. Tous ne vivent pas encore de ce nouveau métier d’influenceur mais en regardant quelques années en arrière, la différence est flagrante. Ils pèsent aujourd’hui dans le secteur pour la visibilité des destinations et des marques du voyage.

Je voyais dernièrement dans un magazine économique un classement des blogueurs voyage sur des critères de qualité de contenu, de taille de la communauté et de son indépendance par rapport à leurs « clients ».

Puisque le travail d’ID-Tourism est, entre autres, d’accompagner les destinations à construire leur stratégie marketing et donc leur visibilité et attractivité, nous sommes de fait en relation avec des blogueurs du secteur. Ils font parti la fois des plus reconnus (tableau ci-dessus) et des jeunes pousses. C’est dans ce cadre que j’ai pu rencontrer Marion Prigent, dans ma cité originelle de Strasbourg. Nous avons paratager un déjeuner gourmand dans une ancienne brasserie transformée en bistrot traditionnel. Voilà en quelques questions notre échange.

Peux-tu te présenter rapidement Marion… Qui es-tu ?!

Hello ! Moi c’est Marion Prigent, 29 ans, basée à Strasbourg. Je suis Bretonne d’origine et Alsacienne d’adoption. Voyageuse insatiable, Photographe et Sportive passionnée, j’ai orienté ma vie pour faire plus souvent ces choses que j’aime. Diplômée d’un MBA Management du Tourisme et des Services (ESC-LRBST La Rochelle Business School of Tourism), anciennement Chef de projet Evénementiel, aujourd’hui j’allie, job à temps partiel à Decathlon, santé « atypique » sport, et activité de Freelance Photographe I Rédactrice Web Voyage & Tourisme. D’ailleurs, créatrice du Blog Madame Voyage.

Tu as décidé de lancer un blog – Madame Voyage – en l’orientant sur 2 thématiques fortes, la photo & les sports outdoor. Avant de rentrer plus en détails sur ce sujet, est-ce que tu as choisi ces thématiques par pur intérêt personnel ou n’y a-t-il pas aussi une volonté de se démarquer d’autres blogueurs voyage avec un positionnement unique, différenciant ? 

La thématique que je tente de conduire aujourd’hui sur ce blog, c’est de voyager sportivement. Découvrir une destination par le biais d’une de mes activités sportives ou l’occasion d’en découvrir de nouvelles. J’utilise la photo, comme moyen de revivre ces expériences et de les partager.

J’ai bien sûr, choisi ces thématiques par intérêt personnel, puisque ce sont mes passions au quotidien. Par contre, pour ne rien te cacher, le but de ce blog était d’essayer de rassembler tous ces sujets. Je me suis vite rendue compte, que je partais dans tous les sens. Il a donc fallu, que je trouve un fil conducteur, que je revienne à l’essentiel. Qu’est-ce que je voulais faire passer comme message ? J’ai réfléchi a beaucoup de choses en tant que nouvelle bloggeuse, mais pas forcément au positionnement par rapport aux autres. Puis, finalement, j’ai pris le parti de me positionner, plutôt que en tant que lectrice de blogs. A savoir, qu’est-ce que j’aimerais voir de nouveau, sur les blogs de voyage ? Du sport en voyage, des expériences et des rencontres, qui donnent envie de se dépasser et de se sentir bien. Et voilà comment est né ce fil rouge. Je souhaite qu’il ait une dimension non pas de conseils mais plutôt d’inspiration.

Parlons un peu de sport outdoor et d’attractivité touristique. D’après toi, penses-tu aujourd’hui que la nature se pratique différemment d’il y a quelques années ? Est-elle perçue d’une autre manière par les urbains (qui sont de plus en plus nombreux) ? Le sport est-il forcément lié à des activités de pleine nature ? 

La nature ne se pratique pas forcément différemment, mais elle a très certainement évolué, depuis quelques années. Il y a quelques temps, pour résumer, l’été, il y avait le vélo et la randonnée, l’hiver le ski. Après, nous avons cherché à développer les activités sportives l’hiver. Des dérivés du ski, le ski nordique, le snowboard, le parapente/ski et autres. En ce moment, très certainement avec les changements climatiques, nous cherchons à développer l’attractivité des montagnes et des sports qui se diversifient. La montagne n’est plus seulement associée à la randonnée pour personnes retraitées, très loin de là.

Le sport n’est pas forcément Outdoor. En ce qui me concerne, je pratique l’escalade, l’hiver, je suis bien contente qu’il y ait de jolies salles, pour continuer mon activité sans glisser. De même, pour la natation. J’aime beaucoup nager en lac, mais je ne suis pas assez folle, pour nager en combinaison toute l’année, j’adore la piscine traditionnelle.

D’après toi, les destinations touristiques intègrent-elles suffisamment le sport dans leur développement et promotion ? As-tu des destinations référentes en la matière ?

Je ne sais pas si on peut dire « intégrer suffisamment », puisqu’il s’agit d’un positionnement, que chaque destination décide ou non de développer. Il est vrai, que certaines destinations ont un très fort potentiel inexploité. L’aménagement de certaines activités coûte cher, c’est un vrai parti pris. J’ai comme exemple de faire fonctionner certaines remontées mécaniques l’été, pour permettre aux sportifs de faire du VTT, de la randonnée et autre. Par exemple, l’Alsace est une région sportive. Elle travaille son image depuis toujours, à commencer par les pistes cyclables jusqu’aux centaines de kilomètres de sentiers balisés de randonnée pédestre ou VTT, Vélo.

Actuellement, il y a de grosses problématiques autour de l’enneigement dans les stations à la fois dans ton coin sur le Massif des Vosges mais aussi chez moi dans les Alpes. Forcément, les fans de ski sont un peu tristes actuellement. D’après toi, que doivent faire les stations face à cela ? Les blogueurs peuvent-ils avoir un rôle pour faire évoluer le regard sur l’adaptation des activités outdoor face aux enjeux environnementaux ?

La question est délicate, puisque la problématique reste récente. Mais je pense qu’il va falloir considérer pour de bon, que les périodes Touristiques Eté/Hiver se décalent. La période hivernale se raccourcie nettement. La période estivale a tendance à devenir plus longue. Les activités sportives doivent être diversifiées, pour attirer des personnes tout au long de l’année. C’est dans ce cadre que les blogueurs peuvent avoir un rôle important à jouer. A savoir, découvrir le potentiel du territoire, les activités déjà existantes, les pratiquer entre les deux grosses saisons, pour inspirer les gens à changer leurs habitudes.

On voit apparaître de plus en plus d’évènements sportifs se créaient en milieu naturel comme les courses de trail, les mud days et autres spartan race. La concurrence devient assez acharnée entre les territoires. Penses-tu que c’est une bonne chose ? Comment se positionne une blogueuse comme toi dans ce potentiel pouvoir d’influence ? 

Il y a effectivement plusieurs types de tourisme sportif : le tourisme sportif de compétition et le tourisme de loisir qui est un moyen alternatif pour découvrir une destination. La concurrence est toujours une bonne chose, car elle permet de faire mieux, d’innover. La concurrence acharnée en revanche n’en est pas une, parce qu’après il y a la question de l’environnement. Un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Bien que je n’en parle pas de manière objective, j’aime montrer qu’il est important de préserver notre environnement. Dans ces cadre-là, parfois les choses ne sont pas organisées de façons responsables.

Les blogueurs ont un fort pouvoir d’influence sur ce genre d’événement important. Il s’agit souvent d’événements attendus d’une année sur l’autre. Si le blogueur suscite l’attention de ses lecteurs sur sa propre discipline ou sur une expérience particulière, certaines personnes auront envie de s’identifier et de reproduire l’expérience lue.

Enfin, le sport outdoor n’est pas qu’une question de transpiration et de record, il s’agit aussi d’un moyen pour des personnes de mieux se connaître, de se reconnecter, non ? Qu’en penses-tu ? 

Tu ne croyais pas si bien dire ! C’est ce que je disais succinctement au-dessus. Il y a différent type de tourisme et d’aspirations, le record. Certaines personnes cherchent une performance physique et chiffrée pour être fière d’eux. Certaines personnes cherchent à découvrir des lieux avec leur sport passion. D’autres cherchent à cumuler des expériences différentes, pour chercher de nouvelles sensations, se dépasser. Le but final est le bonheur. C’est quelque chose de très subjectif qui appartient à chacun. Je suis convaincue d’une chose, c’est que de cumuler des expériences, de voyager sportivement aide à avoir une autre vision du monde et aussi de soi, apprendre à mieux se connaître, faire plus souvent les choses que l’on aime, tout simplement pour être heureux au quotidien. C’est ce que j’aimerais partager à mes lecteurs, les inspirer, qu’ils passent le cap, qu’ils soient heureux pour eux.

Une démarcation des blogueurs essentielle de nos jours …

Après cet échange avec Marion, je me suis clairement dit qu’elle avait un magnifique créneau à développer sur ce positionnement. C’est inspirationnel pour beaucoup de personnes et surtout pour elle. Le sport, un moyen de se dépasser et de découvrir à la fois l’Autre, une destination et bien sûr soi-même.

En terme marketing, la nécessité aujourd’hui pour un blogueur de se démarquer est clairement essentiel. Un blogueur, c’est comme une marque d’influence. Il faut donc qu’il y ait une image perçue claire pour le lecteur. En arrivant sur le site Internet et les publications sur les réseaux sociaux d’un blogueur, il faut une cohérence des publications, une ligne directrice claire, identifiante et différenciante. C’est de cette manière que les destinations et les marques vont pouvoir parfaitement s’identifier à la communauté du blogueur. Ca paraît bien sûr logique comme ça mais bon le marketing, c’est beaucoup de bon sens !

Côté destination, sport & attractivité touristique, je pense sincèrement que les destinations n’exploitent pas assez ce créneau sportif à part aujourd’hui sur des évènements spécifiques comme les trails ou les courses à obstacle mais ça reste des évènements ponctuels qui ne sont pas forcément logique par rapport à l’image perçue de la destination ou la stratégie posée.

Ce serait intéressant d’imaginer une destination touristique qui porte la vision du sport comme axe structurant dans la stratégie en arrivant à la décliner également auprès des différents prestataires touristiques du territoire (hébergements, activités, musées, restauration, sites de visite, etc.). En y réfléchissant, une ville comme Grenoble où je vis désormais depuis quelques mois pourrait très bien prendre ce créneau car la ville ne porte pas réellement d’image perçue forte en matière touristique. Tiens, c’est une bonne idée, je vais en parler à M. Piolle, le maire de Grenoble !

Merci d’avoir lu jusqu’au bout! 🙂

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism & Président Acteurs du Tourisme Durable (A suivre sur Twitter)

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La créativité au service de l’innovation touristique

Connaissez-vous Socialter, cet excellent magazine dédié à « L’économie nouvelle génération » ?! Petit aparté pub. Essayez-le, c’est l’adopter ! Le dernier numéro de l’été est dédié à la créativité, ce capital du XXIème siècle ? En  lisant le dossier spécial sur ce thème m’est venu l’idée d’écrire ce papier en liant créativité, innovation et tourisme.

Lien avec le tourisme durable

Dans les conférences que j’ai organisé et que j’organise aujourd’hui, je souhaite toujours faire fusionner les genres, croiser les regards et points de vue. Bien que nous sommes sur des débats liés au secteur du tourisme (que ce soit lors des Journées Mondiales pour un Tourisme Responsable ou les Universités du Tourisme Durable avec ATD), je pense qu’il est nécessaire de sortir de notre zone de confort, de se confronter à d’autres points de vue au risque que ces derniers ne soient pas les mêmes que les nôtres.
Je me souviens encore lors de la Journée Mondiale en 2011 dédiée au changement climatique où nous avions fait venir des ingénieurs et chercheurs du programme « The Shift Project » qui se confrontaient pour la première fois aux professionnels du tourisme. Deux visions, des points de vue divergents et un vrai débat positif au final !

C’est par des associations inédites et les confrontations que naissent de nouvelles idées. Sinon, en restant entre nous, c’est comme une monoculture agricole, les rendements restent faibles. C’est par la diversité des acteurs qui échangent, tel un écosystème, que naissent la productivité et … la créativité ?

Dans l’entre soi dans le tourisme

Car oui, dans le tourisme, on reste souvent entre nous. Bon, nous avons bien quelques sociologues du voyage qui sont plus que pertinents (Jean Viard, Jean Didier Urbain & feu Rachid Amirou) et maintenant quelques acteurs de la tech qui viennent de plus en plus dans le secteur comme le prouve les start-ups du voyage au sein des incubateurs comme le Welcome City Lab et bien sûr toutes les grandes entreprises comme Booking, Airbnb ou Tripadvisor qui n’ont pas été montés par des professionnels du tourisme à la base.

Mais le croisement des regards est encore bien trop rare dans toutes les conférences auxquelles je participe. Ma dernière intervention était justement intéressante car elle était organisée par la Fédération des Parcs naturels régionaux sur le thème « Tourisme, Sport & Biodiversité » ce qui permettait d’avoir des regards croisés intéressants sur les espaces naturels et donc de co-construire des idées originales pour certains projets !

Et si on changeait ça ?

Ingénieurs, artistes, entrepreneurs, sportifs, architectes, makers, artisans, ONGs, chercheurs, citoyens, chefs restaurateurs, enfants…
Quelle est leur vision du voyage et du tourisme ? Qu’est-ce qu’une innovation touristique. Etant donné que ces personnes ont tous été ou seront à un moment donné des touristes, ils doivent avoir un regard sur ce qu’ils consomment, regard forcément nourri de leur éducation et expériences de vie personnelles et professionnelles. Mais pour autant, ils ne sont que rarement invités à venir débattre avec nous. On préfère rester entre nous pour faussement débattre.

Un croisement des regards pour plus de créativité

Pour venir au titre de ce papier, je pense que l’on aurait tout à gagner à plus croiser les regards au service de la créativité qui se nourrit justement de l’inconnu, de ces rencontres qui paraissent bizarres sur le papier !

Comme le présente une chronique récente sur Les Echos :
Comment travailler avec un créatif ?, les créatifs sont les éléments originaux de l’organisation. Et aujourd’hui, cette recherche de créativité est de plus en plus voulue dans les entreprises comme le montre les nombreux dispositifs internes de Lab dédié à l’innovation pour pousser justement à l’intrapreneuriat et ainsi éviter à ces structures de se faire disrupter par le 1er jeune fougueux avec une bonne idée comme les gars d’Airbnb par exemple.

La créativité chez Accord

D’ailleurs, le groupe Accorhotels l’a assez vite compris en lançant son « Shadow Comex » composé de 12 jeunes cadres de l’entreprise, âgés de 25 à 35 ans auprès de qui toutes les décisions du comité exécutif quinquagénaire seront soumises. Or, la créativité n’est pas forcément l’apanage des jeunes mais ces derniers ont une autre vision de la vie à la fois personnelle et professionnelle. La créativité fait partie de leur monde de manière peut-être plus naturelle que la génération précédente.

Et dans les autres entreprises du tourisme et de l’hébergement, comment favorise-t-on la créativité ? Est-ce uniquement le fait du dirigeant ou du Comex ? N’est-ce pas une culture d’entreprise à favoriser demain dans les organisations afin de pousser les salariés à consacrer justement du temps de travail à la Recherche & Développement de leur entreprise comme le propose par exemple Google ou Air Liquide.

Cette recherche de créativité permettrait, selon moi, de faire évoluer de nombreux métiers traditionnels du tourisme et de l’hébergement dont celui de l’ingénierie et du consulting d’ailleurs…

Tourisme en France aujourd’hui ?

Enfin, pour finir, c’est par la créativité au service de l’innovation touristique que l’on arrivera à faire revenir les touristes internationaux en France et non pas par des solutions purement sécuritaires ! La créativité contre la peur et la haine, nouveau combat !

Au plaisir d’échanger et de débattre avec vous, de n’importe quel domaine vous venez ! 😉

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism & consultant créatif du tourisme (Suivez moi sur Twitter ou Linked In).

 


Du digital dans le tourisme de nature ? ou #PokemonGo perdu dans les Cévennes…

Meet-up du Welcome

Le jeudi 21 juillet dernier, j’ai eu la chance d’inaugurer les animations Meet-up dans les nouveaux locaux du Welcome City Lab à Gare de Lyon, Paris. J’étais en compagnie de Charles Dumoulin, co-fondateur de la société Atelier Nature qui créée des applications pour les destinations touristiques et les professionnels, afin de valoriser les patrimoines locaux.

Le thème de ce nouveau Meet-up « Tourisme durable, entrepreneuriat et innovations » était celui des Activités de Pleine Nature 3.0.comment le digital impacte ou impactera demain toutes les activités en milieu naturel ? (qu’elles soient sportives, culturelles, ludiques ou autres)

Ce Meet-up tombait à point nommé vu que l’on ne faisait que de parler de la sortie imminente de #PokemonGO en France. Application de réalité augmentée avec des animaux à attraper et activités de pleine nature, le lien était vite établi !

Une mobilisation conséquente

Une vingtaine de personnes présentes pour nous écouter, un bon score en plein mois de juillet ! Avec Charles, je tentais d’introduire ma réflexion. Pourquoi ce sujet des activités de pleine nature 3.0… Premièrement, en tant que passionné de randonnée en montagne et dans d’autres milieux naturels, j’ai toujours du mal à me déconnecter complètement. Toujours envie de partager une photo sur Facebook ou Instagram auprès de mes amis, au plus proche de l’instant vécu. Mais surtout, j’éprouve une réflexion prospectiviste actuellement en me disant que la nature est de plus en plus rare et pourtant le tourisme de nature ne cesse de croître car les touristes (souvent urbains) veulent retrouver de la nature. C’est le retour aux sources, les vraies valeurs, etc.

Mais alors si de plus en plus de touristes veulent aller découvrir des espaces naturels toujours plus petits, il y a une équation complexe à résoudre, non ?

Et le digital dans tout ça ? Peut-il aider à résoudre cette équation ? Peut-il permettre de créer de leurres de nature ? Que va être l’avenir du tourisme de nature quand le digital sera partout ?

La présentation

Pour commencer, nous avons présenté avec Charles les applications de base pour l’itinérance et la géolocalisation. Google Maps bien entendu mais aussi ViewRanger GPS, Iphigénie, TwoNav GPS. Ou encore les applications de destination comme Loire à Vélo, Auvergne Rando ou encore Rando Savoie Mont Blanc. Ces applications permettent de se repérer dans l’espace, de créer des itinéraires et d’avoir également d’autres informations sur le parcours (hébergements, site de visite, restaurants, météo, etc.). Dans la même vision, nous avons également parlé de YUGE à Paradiski qui permet d’avoir une expérience plus enrichie en station (infos en temps réel, personnification des propositions d’activités neige ou pas neige, etc.).

Puis, nous avons parlé des applications qui permettent de mieux comprendre et apprendre la biodiversité comme Ecobalade ou Pl@ntNet, le Shazam des plantes. La différence entre les deux applications. Ecobalade ne s’utilise que sur des circuits dédiés et permet d’intégrer un côté ludique. C’est l’utilisateur qui va devoir faire de la  reconnaissance des plantes alors que Pl@ntNet est un Shazam des plantes. Vous prenez en photo la partie d’une plante et il la reconnait grâce à sa base de données !

Présentation des applications

Après, nous sommes rentrés dans le vif du sujet avec la réalité augmentée et PokemonGO. Après une présentation hyper précise de Charles sur l’application (il l’utilisait déjà depuis des semaines !), nous avons largement débattu de l’intérêt et des limites de la RA (réalité augmentée) pour les activités de pleine nature. L’intérêt a été démontré dans de nombreux articles récents pour les professionnels du tourisme mais c’est aussi un excellent moyen de faire sortir et de faire bouger les gens !

Après, bien entendu, il faut de la 4G pour utiliser cette application donc pas forcément évident partout en milieu naturel… Et surtout quel intérêt de venir dans la nature pratiquer ces activités si c’est pour avoir le nez dans son portable comme le dit justement Florence du Welcome City Lab !? Pas faux…

Dans tous les cas, Charles est ravi de voir l’engouement autour de cette application car il le dit clairement : « Cela va montrer aux professionnels et aux collectivités de l’intérêt de la gamification pour valoriser leurs patrimoines locaux… et ça, c’est du pain béni pour son activité ! »

Il nous présente justement quelques applications qu’il a réalisées pour certains clients comme le Club Med d’Opio (avec une chasse au trésor pour les clients), le Bassin d’Arcachon, Huttopia ou encore l’ONF. De beaux projets qui mettent régulièrement la gamification au cœur de la découverte touristique des patrimoines locaux.

Enfin, après avoir échangé sur le boom de la pratique connectée (avec la mesure des performances ou Quantified Self et le partage en live des activités (Facebook Live, Periscope et autre SnapChat)), nous avons débattu sur l’intérêt de la réalité virtuelle qui semble encore limitée mais qui commencent à apparaître dans les activités à sensation comme par exemple à Bol d’Air dans les Vosges avec FantastiVR.

Et la digital détox ?

Pour terminer, avec tout ça, on s’est bien sûr posé la question de la Digital Detox. Est-ce qu’avec toutes ces connexions de partout, n’aura-t-on pas envie de se déconnecter VRAIMENT à un moment ou plus exactement qu’un opérateur nous pousse à nous déconnecter ? Des hébergements commencent à proposer des séjours en detox mais cela fonctionne-t-il ? Le touriste ne souhaite-t-il pas garder la main et avoir le choix de se déconnecter et de se reconnecter quand il veut.

Le digital est clairement entré de plein pied dans les activités de pleine nature. Avec Charles, nous avions échangé en amont de la rencontre et nous nous posions ces questions de l’intérêt de tout ça pour un tourisme plus durable. A part les applications pour apprendre la biodiversité, les autres outils digitaux semblaient plus complexes à appréhender pour un développement durable du tourisme de nature. Mais au fond, nous nous disions que l’intérêt de « digitaliser » le tourisme de pleine nature était d’attirer dans les espaces naturels des publics qui n’avaient pas d’intérêt à y aller normalement. Après, c’est justement au travail des professionnels de terrain de prouver à ces publics tous les bienfaits de la nature sans le digital et de les convertir à se déconnecter de temps en temps pour mieux se reconnecter à la nature. Regardons le côté positif de tout ça!

Et si PokemonGO permettait demain de faire des touristes digitaux des sentinelles de la nature ? Utopie quand tu nous tiens…

A bientôt, profitez bien de l’été ! Et vous professionnels et collectivités, si ça vous donne des idées de projets, n’hésitez pas à regarder ce que l’on fait chez ID-Tourism pour le développement de l’écotourisme et prenez contact avec Charles à Atelier Nature pour développer des superbes applis !

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism (Suivez moi sur Twitter et sur Instagram pour voir mes dernières sorties nature !)

De l’aide à la digitalisation de votre activité ? Cliquez 


Blogueurs, Snapchat et cure de jouvence

L’ITB 2016 …

A ITB à Berlin, on sent bien l’évolution des tendances dans le milieu du voyage. Il suffit de regarder l’affluence des conférences organisées aux quatre coins du Berlin Messe. Ce vendredi après-midi, je me suis laissé embarquer par Sébastien (cc MyDestination) et Adeline (Voyagesetc.) sur le forum 6.1 consacré au e-travel pour écouter deux conférences qui se sont enchainées, l’une sur le travail des blogueurs avec les destinations, l’autre sur l’utilisation de Snapchat dans le marketing touristique. Mon 1er sentiment… salle plus que pleine, des gens debout pour écouter les échanges. De la génération Y mais pas uniquement, des décideurs, des professionnels divers et variés.

Côté blogueurs, pas d’annonce exceptionnelle à retenir des échanges, juste leur montée en puissance, leur professionnalisation grandissante, leur capacité à monétiser leur contenu, leur travail de prescription et d’influence, tout ça soutenu par des chiffres boostés pour analyser le ROI. C’est beau.

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Snapchat ?

Puis, c’est au tour de la conférence sur Snapchat… Là, j’entre dans une nouvelle dimension. Deux minettes sous LSD débarquent, déchainées, imparfaites, colorées, fraiches et pétillantes. Elles doivent avoir la vingtaine et j’ai presque l’impression d’avoir été invité à un talkshow japonais hypercoloré…

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 Une visibilité non négligeable

Entrecoupé de leurs derniers Snap, elles présentent des chiffres impressionnants de ce réseau social en plein boom. 100 millions d’utilisateurs actifs quotidiens ! 65% d’utilisateurs qui publient au moins un snap chaque jour ! 30% de la génération Y aux Etats-Unis utilisent régulièrement Snapchat. 9000 snaps photo par secondes… 8 milliards de vues de vidéos chaque jour !

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Cette génération, au delà de la génération Y

Bien sûr, on imagine que cela cible une clientèle particulière de (très ?) jeunes mais impossible de laisser ce phénomène de côté (73% sont de la Génération Y – 32% de 13-17% / 45% de 18-24%). Avec mes acolytes français, on se regarde et on pense tous la même chose. On est vieux… Leur énergie débordante, leur attitude YOLO (You Only Live Once) sur les snaps est assez déconcertante. On s’imagine mal faire ce qu’elles proposent. Cette génération est totalement décomplexée. Il va falloir s’y faire, à la fois pour bien les appréhender en tant que client mais aussi en tant que partenaire influenceur. Un beau challenge pour nous, trentenaire… Une révolution totale pour la génération précédente.

Guillaume CROMER, directeur ID-Tourism (Suivez moi sur Twitter & sur … Snapchat #Krom82 )

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Formation étudiante : faut que ça change !

Cela fait maintenant 5 ans que je donne des cours dans des formations au sein de différentes universités et autres écoles de commerce, au sein de Masters ou MBA spécialisés en tourisme ou en développement durable. Les matières que j’enseigne sont le tourisme durable, le développement durable dans le tourisme ainsi que les nouveaux enjeux du tourisme.

Des cours en Open Source

Depuis un an, j’ai décidé de changer radicalement ma façon de donner des cours. Fini la lecture de présentations Power Point, ennuyant à la fois pour les étudiants et pour moi ! Ma vision des choses a toujours été de diffuser un maximum d’informations et de contacts à mes étudiants. Je ne garde pas l’information. Je la transmets. Mes cours sont donc en Open Source sur le site www.slideshare.net. Je demande alors à mes étudiants de lire un Power Point en ligne et de faire des recherches au besoin pour le cours suivant. Au début du cours, nous réagissons ensemble sur le support de cours et les recherches qu’ils ont effectués. Cela peut durer de 10 à 40 minutes, tout dépend de l’intérêt et de la maturité des étudiants car viennent pour consommer un cours ou pour apprendre des choses pour leur futur carrière.

Puis, après cette session d’échanges, je crée des petits groupes pour travailler sur des cas concrets (analyse de la politique de développement durable d’un tour-opérateur, analyse de référentiel en tourisme durable, création de projet touristique éco-responsable, etc.) et  je fais intervenir les groupes pour restituer les travaux sur des modèles d’animation variables et évolutifs en fin de cours (présentation classique avec support power-point, débat, world café, serious game, rédaction d’articles et diffusion sur les réseaux sociaux, etc.).

Ces méthodes d’animation permettent de les impliquer et d’intégrer au maximum le numérique dans les cours, ce qui correspond à leur vie de tous les jours et donc les intéressent !

Selon moi, toute l’information est aujourd’hui sur Internet. Il suffit de chercher un peu! La plus-value de l’intervenant n’est plus dans son support mais sa façon d’animer et de motiver des étudiants! #coaching

Or, en discutant avec eux, j’ai l’impression que le décalage entre leur vie de génération Y et les cours est de plus en plus fort. Et forcément, leur intérêt pour l’école se réduit, leurs revendications sont de plus en importantes (proportionnellement au coût des écoles !) et ils ne sont pas forcément armés pour trouver stage et emploi à la sortie.

 

Quelques pistes de réflexion

Les écoles ont donc un travail important à faire pour se mettre à la page ! Voilà quelques pistes de réflexions :

–          Intégrer impérativement des Wifi ou du filaire dans les classes pour avoir un accès à Internet irréprochable pour tous. Quelle galère quand on veut passer une vidéo en cours ou quand on demande aux étudiants de faire des recherches !

–          Investir dans du matériel performant pour réaliser des projections et permettent aux étudiants d’interagir.

–          Avoir des salles facilement modulables avec du mobilier adapté.

–          Faire des partenariats avec les sites comme SlideShare afin de développer des comptes spécifiques aux écoles et aux promos.

–          Créer des cours d’entreprenariat pour permettre aux étudiants de réfléchir en groupe et de lancer des projets touristiques.

–          Créer des cours de personal branding et de e-notoriété afin que les étudiants ressortent d’une école avec une véritable plus-value sur Internet par rapport à d’autres étudiants concurrents.

–          Demander aux étudiants de réaliser des projets en groupe, à diffuser sur Internet, capables d’améliorer leur e-notoriété et noter sur leur capacité d’innovation, de diffusion et de collaboration.

–          Intégrer des tutorats plus efficaces entre les intervenants ou professeurs et des étudiants intéressés par des domaines précis pour les aider à échanger, à intégrer le secteur, à rencontrer du monde ;

–          Intégrer, demain, de la webconférence pour les étudiants qui ont des difficultés pour se déplacer.

Si vous souhaitez échanger avec moi sur ces questions, je serais ravi d’en discuter. Je pense que les étudiants ont absolument besoin de ce changement et au plus vite !

Guillaume Cromer  @ID_Tourisme