[Interview] Cartographie open source & tourisme durable

Il y a 2 mois, je me rendais en Guadeloupe pour participer à cette mission incroyable qu’était #CaribeWave2017 avec la team HAND pour Hackers Against Natural Disasters. Je vous en parle dans cet épisode de ID-TALKS.

Lors de ce déplacement, j’ai rencontré plein de gens incroyables, des geeks, des activistes, des entrepreneurs sociaux, des pilotes de drones, des génies de la bidouille, etc.

Parmi ces personnes, j’ai bien sympathisé avec Loïc Ortola, entrepreneur, geek, codeur et pilote-crasheur de drones. Lyonnais d’origine, il va avoir 28 ans et il a fait de la notion de partage de connaissances son leitmotiv. Il aime partager sa passion pour l’information au plus grand monde mais aussi la motivation au travail (je crois qu’il possède toute la bibliothèque d’Amazon sur le développement personnel dans son appart parisien).

Son projet d’entrepreneur aujourd’hui, c’est Jawg Maps, un Google Maps français basé sur la donnée OpenSource. En discutant avec lui, je me suis dit que ça avait un lien intéressant avec le tourisme et le tourisme durable car on en utilise pas mal de la cartographie dans le tourisme !

Quand je lui demande ce qu’est Jawg Maps plus en détails, voici sa réponse :

« Jawg maps, c’est une plateforme de mapping. En vrai, c’est juste un moyen compliqué de dire qu’on fait des cartes. Comme Google Maps, comme Via Michelin, comme Bing. On vit dans l’ère de l’assistant personnel, et le grand-public a choisi de déléguer un certain nombre d’usages à la technologie. Parmi ces usages, le « où » et « comment » se repérer et se déplacer. »

Il poursuit : « Pour s’en rendre compte, j’adore cette anecdote : est-ce que ça t’es déjà arrivé de sortir du métro, et de faire 100m dans une direction juste pour voir dans quel sens la « bulle » se déplace sur Google Maps? Nous avons choisi de ne plus prendre le temps de se repérer, ni de créer son itinéraire, et encore moins de regarder le nom des rues. Si tu regardes de plus près, le point commun entre Uber, Airbnb, les Objets Connectés, Booking, MonDocteur, la SNCF et même Pokémon Go, c’est qu’ils ont tous une stratégie autour de données localisées. »

Sa vision, c’est que la carte est un des moyens les plus moyens les plus intelligibles de représenter cette donnée de façon ergonomique pour un usager. Et pour lui l’avenir est clair ! « Ce marché ne peut que grandir. » affirme-t-il.

Une différence avec Open Street Map …

Pour moi, quand il me raconte tout ça, je fais le lien assez vite avec Open Street Map mais il m’explique vite les différences car je reste un néophyte. Il m’explique que OSM (pour les intimes), c’est plutôt le Wikipedia de la carte. Historiquement, selon lui, la valeur d’un système cartographique est toujours proportionnelle à l’investissement qui est réalisé sur la collecte. On se rappelle quand il fallait acheter les « Cartes de France 2002 » pour le GPS Tom Tom… Avec l’arrivée du web, les usages et les modèles de valeur ont explosés. Wikipedia a disrupté totalement Encarta. Il pense alors que la même chose est en train de se passer dans le monde des cartes. « En 2004, OSM était une feuille blanche ! Aujourd’hui, c’est une base de données de plusieurs centaines de Giga-octets qui regroupe la plupart des données géographiques du monde (routes, cadastre, points d’intérêts, etc.). Avec ces données, on peut faire plein de choses : des cartes en ligne (sous forme d’images), des impressions, des moteurs d’itinéraires, des annuaires, etc. »

Et toutes ces données, sont entretenues par plusieurs dizaines de milliers de contributeurs dans le monde. Mais aussi par de plus en plus d’industriels comme la SNCF par exemple.

Alors, faut-il arrêter d’utiliser Google Maps, comment peut-on pousser les gens à utiliser les cartographies de Jawg ?

Pour Loïc, « Les outils de Google Maps sont excellents. C’est là qu’OpenStreetMap fait pâle figure (car ce n’est pas son objectif). En termes de valeur sur la donnée, OpenStreetMap est une source exceptionnelle. En termes d’industrialisation et d’outillage, c’est autre chose. C’est ce jour que Jawg a pris sens dans notre tête. On cherche à donner la possibilité à de vraies entreprises d’avoir une alternative. »

Sur la plupart des solutions du marché, il y a une certaine délégation de gouvernance et de maîtrise car l’ambition se trouve encore autour de la donnée. En utilisant OpenStreetMap, Loïc pense que les acteurs font une délégation, mais c’est une délégation « positive ». C’est un vrai choix politique au final de mettre à disposition les données pour tous. Et en retour, des contributeurs pourront les enrichir et bénéficier automatiquement des améliorations. Pour le secteur du tourisme, les points d’intérêts d’une ville, les chemins de rando en montagne, les pistes de ski, etc. sont déjà très bien décrit dans OSM. Y’a plus qu’à donc !

Pour Loïc, « Jawg, c’est juste une « manière » d’utiliser cette donnée pour en faire une carte. Si vous utilisez Jawg demain, c’est justement pour bénéficier de ces données sur vos cartes, très simplement. Evidemment, nous avons aussi la possibilité de disposer de jeux de données « privés », dont vous êtes les uniques propriétaires. »

Un autre aspect est que la plupart des autres acteurs monétisent leur plateforme de différentes manières. En fait, la plupart sont très chers une fois que vous atteignez un certain degré d’utilisation. Les autres favorisent le placement publicitaire au sein des applications.

On se retrouve avec des choses assez loufoques: une chaîne d’hôtels peut retrouver des hôtels concurrents mis en avant dans leur propre app mobile par exemple…

Jawg Maps = acteur du tourisme durable ?

Au final, je comprends vite que Jawg est un peu un acteur du tourisme durable. Il y a en effet des valeurs propres aux enjeux du développement durable comme la question de l’Open Source. De plus, il lutte contre le Digital Labour, le respect de l’identité graphique et en proposant en plus un très bon rapport qualité prix pour les professionnels !

Alors, n’attendez plus ! Allez discuter avec Lolo de vos projets de cartographie pour les entreprises du tourisme et pour les destinations !

Guillaume Cromer, directeur Gérant ID-Tourism (Suivez moi sur Twitter)

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Pros du tourisme, anticipons ensemble les risques de catastrophes naturelles!

 500 000 touristes sur les plages impactés directement par un tsunami le 21 mars 2017, suite à un séisme de 8.5 sur l’échelle de Richter… Scénario catastrophe. Ce n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé en 2004 en Indonésie & en Thaïlande.
Tout ceci n’est qu’un exercice porté par les Nations Unies. Comme l’écrit Camille, notre envoyé spécial avec nous à Marie-Galante, dans le 1er article dans Libé, tout est prévu à la minute près…

Professionnels du tourisme : assez sensibilisés aux risques de catastrophe naturelle ?

Alors que j’ai embarqué dans l’équipe #HAND (Hackers Against Natural Disasters) pour piloter la brique tourisme, je vois bien que les professionnels du secteur ne sont pas bien préparés à ces enjeux. Et pourtant ! La sécurité des clients devrait être l’une des premières préoccupations des tour-opérateurs, croisiéristes ou tour-opérateurs… Et même en échangeant avec les services développement durable / RSE de certains opérateurs, on sent bien que ce n’est pas un sujet prioritaire. Notre enquête en ligne auprès des prestataires et opérateurs touristiques en Guadeloupe confirme bien cet état de fait. Les acteurs ne sont pas prêts à affronter ce scénario catastrophe et si cela arrivait effectivement, les conséquences seraient dramatiques !


En 2004 en Indonésie et en Thaïlande, ce sont des dizaines de milliers de touristes qui ont disparus. De la part des opérateurs, il y a eu plus de réactions, de condoléances et de dons que d’anticipations comme le montre ce mot du CEO de TUI.

Mais alors, comment pousser les administrations touristiques, les opérateurs et les prestataires à prendre en compte cette question ?

Avec l’équipe #HAND et les acteurs locaux du FabLab de Jarry, des outils sont en cours de création. Une vidéo de sensibilisation pour les habitants, adaptables potentiellement pour les touristes. Des affiches que l’on pourrait mettre dans les hôtels. Une application pour permettre aux touristes de se géolocaliser et de trouver aisément et rapidement une zone de sûreté. Une messagerie instantanée pour permettre aux touristes d’informer les autorités de la situation réelle, de l’état des victimes et blessés. Il y a encore énormément de choses à préparer !

Ce travail me fait penser à la réflexion autour de la lutte contre le tourisme sexuel impliquant les enfants. Auparavant, ce n’était pas un sujet. Aujourd’hui, des associations comme ECPAT travaillent régulièrement en partenariat avec les tour-opérateurs, les compagnies aériennes, les hôtels pour informer, sensibiliser, impliquer les professionnels et les touristes sur les situations à risque. Culturellement, cette problématique est devenue un enjeu presque traditionnel pour la profession.

Notre rôle :

Notre travail consiste à ce que les opérateurs et autres professionnels intègrent tout autant naturellement ces enjeux autour des risques de catastrophes naturelles comme les tsunamis. Thématique qui sera élargie à toutes les insécurités pour les voyageurs, tremblements de terre, inondations, éruptions volcaniques mais aussi attentats ! En regardant derrière nous, de nombreuses images de touristes nous reviennent, victimes de ces catastrophes comme au Népal, au Japon, au Pérou dernièrement…

Alors que les prévisions de l’Organisation Mondiale du Tourisme sont toujours aussi optimistes avec 1,8 milliards de touristes d’ici à 2030 et que les ventes de bateaux de croisière explosent, il est plus qu’urgent pour les opérateurs touristiques de prendre à bras le corps cette question au risque de voir s’accumuler les images de Costa Concordia…

Alors, on se bouge ? L’équipe #HAND est prête à collaborer avec vous!

Suivez en live la mission #CaribeWave2017 sur Twitter, Facebook, Storify ou Instagram Stories

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism & Président Acteurs du Tourisme Durable (A suivre sur Twitter)

Intéressé par ce type d’actions qui pourraient être intégrées dans une stratégie de développement durable du tourisme dans votre collectivité ? Cliquez


[Interview] Le digital à l’assaut de la restauration avec SensaFood

Salut Rudy, tu es le fondateur de SensaFood. C’est une application qui permet de traduire facilement les menus d’un restauration dans une autre langue ? Révolutionnaire ? Tu peux nous présenter ça ?

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Sensafood ne se positionne pas sur de la simple traduction de menu. Elle se positionne sur de la compréhension culturelle desingrédients. Sensafood est une application pour favoriser l’accueil des touristes dans les restaurants, en fournissant le menu des restaurants équipés dans la langue natale de leurs clients. Nous allons encore plus loin en notifiant les intolérances alimentaires : dès qu’un plat ne correspond pas à votre régime alimentaire, vous en serez averti.

Nous sommes aujourd’hui en 15 langues. Notre vision est d’avoir toutes les langues parlées dans le monde. Ainsi, où que vous alliez , vous saurez qu’un restaurant qui est équipé de Sensafood propose son menu dans votre langue.

Voici une vidéo présentant Sensafood.

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Comment t’es venu l’idée de créer cette application ? Expérience personnelle ou tu viens du secteur de la restauration ?

L’idée est venue lorsque je vivais encore en Chine. et quand mes parents sont venus me rendre visite. En effet, ma mère souffre d’intolérances alimentaires. Nous nous sommes retrouvés un soir, dans un hôpital où personne ne parlait ni anglais ni français à cause d’un manque de compréhension. 1.3 milliard de personnes voyagent dans le monde et peuvent se retrouver dans cette situation !

La France étant le pays le plus visité au monde, avec une très mauvaise réputation d’accueil, j’ai décidé de rentrer en France pour y développer Sensafood.

On dit souvent que l’accueil est le point faible du tourisme en France ? Qu’en penses-tu ? Tu penses que le digital peut améliorer les choses ?

Je pense que nous avons la chance de vivre dans un des plus beaux pays du monde  avec une attractivité touristique inégalée. Malheureusement, nous prenons cela pour un acquis. Si nous continuons dans cette lancée, nous allons droit dans le mur. De plus, il y a une réelle compétition internationale sur l’attraction et sur l’accueil des touristes . Différents pays veulent détrôner la France et s’en donnent les moyens pour y arriver. Si on regarde les chiffres, nous sommes le pays le plus visité au monde mais paradoxalement, nous ne sommes le pays où les touristes dépensent le plus. Nous nous retrouvons en 4ème position, juste derrière l’Espagne et cela vient exclusivement de l’accueil. Nous savons très bien attirer mais très mal accueillir.

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Le digital et l’accueil

Le digital peut sensiblement participer à l’amélioration de l’accueil en proposant des idées innovantes et révolutionnaires. Mais, tout le monde doit jouer le jeu. L’avantage du digital est que ça permet de remettre le client au centre. En effet, nous lui apportons les services dont il a besoin de façon personnalisée. C’est exactement ce que nous faisons chez Sensafood. Nous ne permettons pas à un touriste de simplement comprendre ce qu’il va manger, mais l’éduquons aussi sur la culture et les produits locaux.

Par exemple, nous avons équipé la station de Val Thorens l’hiver dernier, nous avons installé Sensafood dans des restaurants qui servaient de la Féra. Même nous, en tant que Français, ne savons pas ce que c’était, mais nous avons l’avantage de pouvoir demander plus d’explications au serveur. En revanche, un Chinois, un Russe ou un Espagnol n’a aucun moyen de comprendre ce que c’est. Surtout qu’il est souvent traduit par« Swiss fish ». Grace à Sensafood, tous les clients étrangers étaient désormais capables de comprendre.  La fera est un poisson noble d’eau douce pêché dans les profondeurs du lac Léman. L’équipement a fait augmenter les commandes de ce plat par les touristes étrangers. Ils ne commandent moins des plats ‘basics’ tels que la pizza ou des burgers.

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 Le fameux Fera du Léman pour la culture générale…

Grâce au digital, la destination de Val Thorens a pu répondre à 3 besoins en même temps:

  • Améliorer l’accueil des touristes étrangers dans la station en fournissant le menu dans leur langue
    natale.
  • Proposer une solution innovante pour augmenter le chiffre d’affaires des restaurateurs.
  • Asseoir leur image et leur positionnement de station la plus connectée d’Europe.

Quand tout le monde joue le jeu, tout le monde y gagne.

J’ai vu que dans les destinations et autres restaurations qui utilisent l’application, on retrouve des destinations assez « digitales », qui ont su prendre le virage du numérique. C’est une réalité d’après toi ? Il y a ceux qui ont compris et les autres ?

Les endroits où nous avons déjà installé Sensafood sont des early adopters et des innovateurs eux-mêmes. Ils souhaitent toujours proposer plus à leur clientèle en se différenciant de la concurrence. Pour les autres, je ne dirais pas qu’ils n’ont pas compris car en discutant avec eux, ils se sont tous déjà retrouvés dans la peau d’un touriste étranger et les difficultés que cela implique. Je dirais plus que c’est la mentalité et encore un autre paradoxe, la peur du changement qui est à faire évoluer.

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Je me suis retrouvé en rendez-vous dans des restaurants qui dépensent des fortunes dans le concept et le design, mais qui négligent fortement la communication et l’accueil. Or, nous sommes passés dans une économie de la recommandation. Si les restaurateurs ne poussent pas les gens à poster leur avis sur ces plateformes, ce seront principalement les clients mécontents ou de mauvaise foi qui le feront.

Les touristes sont ceux qui en parlent le plus car ils veulent partager leur expérience. Ils font rêver leurs amis qui n’ont pas eu la chance de faire ce voyage et leurs donnent ainsi (ou pas) envie de découvrir cette destination. Donc, si beaucoup pensent que l’avis des touristes étrangers compte peu car c’est une clientèle de passage, ils se trompent et resteront toujours sur de la clientèle de passage à la merci de la fréquentation touristique.

Le digital est déjà fortement omniprésent, le virage est donc inévitable. Ceux qui ne le prennent pas tout de suite, le regretteront sous peu.

Que pourrais-tu dire aux restaurateurs qui n’ont pas encore pris le virage du digital et donc n’ont pas encore testé ton application ?

Les solutions digitales sont là pour aider la vie des gens, qu’ils soient professionnels ou particuliers. Beaucoup ont cette peur du changement et n’ont pas forcément envie d’y consacrer de leur temps car ce n’est pas leur cœur d’activité. C’est pour ça que des solutions telles que Sensafood, InnovOrder ou Tiller sont là pour accompagner les restaurateurs sur les domaines qu’ils ne maitrisent pas forcément. Que ce soit pour le suivi client, pour les informer, pour attirer ou pour accueillir leur clientèle, il y a des solutions qui conviennent à votre restaurant, vous faisant gagner du temps et augmenter le chiffre d’affaires.

J’invite donc tous les restaurateurs à se rappeler leur dernier voyage à l’étranger dans un pays dont ils ne parlaient pas la langue. Ce sentiment de frustration est exactement ce que ressentent les touristes étrangers quand ils viennent en France. En allant sur notre site, ils pourront découvrir plus d’informations sur nos services et en nous contactant par mail à l’adresse contact@sensafood.co, pourront bénéficier d’un bon de réduction.

Enfin, étant au contact de restaurateurs régulièrement, que penses-tu de l’évolution de leur métier à l’heure actuelle ? Que pensent-ils par exemple des nouveaux acteurs disruptifs comme Menu Next Door ou encore Vizeat ? 

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Je ne suis malheureusement pas assez familier avec Menu Next Door pour pouvoir en parler. En revanche Vizeat est bien le AirBnB de la restauration. Les gens qui utilisent ce service sont à la recherche d’une expérience qu’un restaurant ne peut pas leur fournir: une rencontre et un échange autour d’une table. Des restaurants dans le monde entier se sont déjà posés sur cette problématique en mettant quelques longues tables et des bancs pour inciter les clients à s’asseoir à coté de personnes qu’ils ne connaissent pas forcément et instaurer le dialogue. D’autres
(notamment en Asie), ont installé des tables spéciales pour les personnes seules afin de manger ensemble et ainsi discuter. Tout ça pour dire que les habitudes de consommation ont déjà changés. Les gens ne vont plus simplement au restaurant pour manger. Ils veulent découvrir de nouvelles expériences, rencontrer du monde, trouver à la fois quelque chose hors du commun et personnalisé à leur goût / régime alimentaire. La demande est de plus en plus
variée et personnalisée, et c’est là que sans, le digital, il n’y aurait pas les outils adéquats pour répondre à ces attentes.

Merci Rudy pour le temps que tu m’as accordé et bonne continuation dans le développement de ta start-up!

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism (Suivez moi sur Twitter, LinkedIn et sur Instagram)

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La créativité au service de l’innovation touristique

Connaissez-vous Socialter, cet excellent magazine dédié à « L’économie nouvelle génération » ?! Petit aparté pub. Essayez-le, c’est l’adopter ! Le dernier numéro de l’été est dédié à la créativité, ce capital du XXIème siècle ? En  lisant le dossier spécial sur ce thème m’est venu l’idée d’écrire ce papier en liant créativité, innovation et tourisme.

Lien avec le tourisme durable

Dans les conférences que j’ai organisé et que j’organise aujourd’hui, je souhaite toujours faire fusionner les genres, croiser les regards et points de vue. Bien que nous sommes sur des débats liés au secteur du tourisme (que ce soit lors des Journées Mondiales pour un Tourisme Responsable ou les Universités du Tourisme Durable avec ATD), je pense qu’il est nécessaire de sortir de notre zone de confort, de se confronter à d’autres points de vue au risque que ces derniers ne soient pas les mêmes que les nôtres.
Je me souviens encore lors de la Journée Mondiale en 2011 dédiée au changement climatique où nous avions fait venir des ingénieurs et chercheurs du programme « The Shift Project » qui se confrontaient pour la première fois aux professionnels du tourisme. Deux visions, des points de vue divergents et un vrai débat positif au final !

C’est par des associations inédites et les confrontations que naissent de nouvelles idées. Sinon, en restant entre nous, c’est comme une monoculture agricole, les rendements restent faibles. C’est par la diversité des acteurs qui échangent, tel un écosystème, que naissent la productivité et … la créativité ?

Dans l’entre soi dans le tourisme

Car oui, dans le tourisme, on reste souvent entre nous. Bon, nous avons bien quelques sociologues du voyage qui sont plus que pertinents (Jean Viard, Jean Didier Urbain & feu Rachid Amirou) et maintenant quelques acteurs de la tech qui viennent de plus en plus dans le secteur comme le prouve les start-ups du voyage au sein des incubateurs comme le Welcome City Lab et bien sûr toutes les grandes entreprises comme Booking, Airbnb ou Tripadvisor qui n’ont pas été montés par des professionnels du tourisme à la base.

Mais le croisement des regards est encore bien trop rare dans toutes les conférences auxquelles je participe. Ma dernière intervention était justement intéressante car elle était organisée par la Fédération des Parcs naturels régionaux sur le thème « Tourisme, Sport & Biodiversité » ce qui permettait d’avoir des regards croisés intéressants sur les espaces naturels et donc de co-construire des idées originales pour certains projets !

Et si on changeait ça ?

Ingénieurs, artistes, entrepreneurs, sportifs, architectes, makers, artisans, ONGs, chercheurs, citoyens, chefs restaurateurs, enfants…
Quelle est leur vision du voyage et du tourisme ? Qu’est-ce qu’une innovation touristique. Etant donné que ces personnes ont tous été ou seront à un moment donné des touristes, ils doivent avoir un regard sur ce qu’ils consomment, regard forcément nourri de leur éducation et expériences de vie personnelles et professionnelles. Mais pour autant, ils ne sont que rarement invités à venir débattre avec nous. On préfère rester entre nous pour faussement débattre.

Un croisement des regards pour plus de créativité

Pour venir au titre de ce papier, je pense que l’on aurait tout à gagner à plus croiser les regards au service de la créativité qui se nourrit justement de l’inconnu, de ces rencontres qui paraissent bizarres sur le papier !

Comme le présente une chronique récente sur Les Echos :
Comment travailler avec un créatif ?, les créatifs sont les éléments originaux de l’organisation. Et aujourd’hui, cette recherche de créativité est de plus en plus voulue dans les entreprises comme le montre les nombreux dispositifs internes de Lab dédié à l’innovation pour pousser justement à l’intrapreneuriat et ainsi éviter à ces structures de se faire disrupter par le 1er jeune fougueux avec une bonne idée comme les gars d’Airbnb par exemple.

La créativité chez Accord

D’ailleurs, le groupe Accorhotels l’a assez vite compris en lançant son « Shadow Comex » composé de 12 jeunes cadres de l’entreprise, âgés de 25 à 35 ans auprès de qui toutes les décisions du comité exécutif quinquagénaire seront soumises. Or, la créativité n’est pas forcément l’apanage des jeunes mais ces derniers ont une autre vision de la vie à la fois personnelle et professionnelle. La créativité fait partie de leur monde de manière peut-être plus naturelle que la génération précédente.

Et dans les autres entreprises du tourisme et de l’hébergement, comment favorise-t-on la créativité ? Est-ce uniquement le fait du dirigeant ou du Comex ? N’est-ce pas une culture d’entreprise à favoriser demain dans les organisations afin de pousser les salariés à consacrer justement du temps de travail à la Recherche & Développement de leur entreprise comme le propose par exemple Google ou Air Liquide.

Cette recherche de créativité permettrait, selon moi, de faire évoluer de nombreux métiers traditionnels du tourisme et de l’hébergement dont celui de l’ingénierie et du consulting d’ailleurs…

Tourisme en France aujourd’hui ?

Enfin, pour finir, c’est par la créativité au service de l’innovation touristique que l’on arrivera à faire revenir les touristes internationaux en France et non pas par des solutions purement sécuritaires ! La créativité contre la peur et la haine, nouveau combat !

Au plaisir d’échanger et de débattre avec vous, de n’importe quel domaine vous venez ! 😉

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism & consultant créatif du tourisme (Suivez moi sur Twitter ou Linked In).

 


Du digital dans le tourisme de nature ? ou #PokemonGo perdu dans les Cévennes…

Meet-up du Welcome

Le jeudi 21 juillet dernier, j’ai eu la chance d’inaugurer les animations Meet-up dans les nouveaux locaux du Welcome City Lab à Gare de Lyon, Paris. J’étais en compagnie de Charles Dumoulin, co-fondateur de la société Atelier Nature qui créée des applications pour les destinations touristiques et les professionnels, afin de valoriser les patrimoines locaux.

Le thème de ce nouveau Meet-up « Tourisme durable, entrepreneuriat et innovations » était celui des Activités de Pleine Nature 3.0.comment le digital impacte ou impactera demain toutes les activités en milieu naturel ? (qu’elles soient sportives, culturelles, ludiques ou autres)

Ce Meet-up tombait à point nommé vu que l’on ne faisait que de parler de la sortie imminente de #PokemonGO en France. Application de réalité augmentée avec des animaux à attraper et activités de pleine nature, le lien était vite établi !

Une mobilisation conséquente

Une vingtaine de personnes présentes pour nous écouter, un bon score en plein mois de juillet ! Avec Charles, je tentais d’introduire ma réflexion. Pourquoi ce sujet des activités de pleine nature 3.0… Premièrement, en tant que passionné de randonnée en montagne et dans d’autres milieux naturels, j’ai toujours du mal à me déconnecter complètement. Toujours envie de partager une photo sur Facebook ou Instagram auprès de mes amis, au plus proche de l’instant vécu. Mais surtout, j’éprouve une réflexion prospectiviste actuellement en me disant que la nature est de plus en plus rare et pourtant le tourisme de nature ne cesse de croître car les touristes (souvent urbains) veulent retrouver de la nature. C’est le retour aux sources, les vraies valeurs, etc.

Mais alors si de plus en plus de touristes veulent aller découvrir des espaces naturels toujours plus petits, il y a une équation complexe à résoudre, non ?

Et le digital dans tout ça ? Peut-il aider à résoudre cette équation ? Peut-il permettre de créer de leurres de nature ? Que va être l’avenir du tourisme de nature quand le digital sera partout ?

La présentation

Pour commencer, nous avons présenté avec Charles les applications de base pour l’itinérance et la géolocalisation. Google Maps bien entendu mais aussi ViewRanger GPS, Iphigénie, TwoNav GPS. Ou encore les applications de destination comme Loire à Vélo, Auvergne Rando ou encore Rando Savoie Mont Blanc. Ces applications permettent de se repérer dans l’espace, de créer des itinéraires et d’avoir également d’autres informations sur le parcours (hébergements, site de visite, restaurants, météo, etc.). Dans la même vision, nous avons également parlé de YUGE à Paradiski qui permet d’avoir une expérience plus enrichie en station (infos en temps réel, personnification des propositions d’activités neige ou pas neige, etc.).

Puis, nous avons parlé des applications qui permettent de mieux comprendre et apprendre la biodiversité comme Ecobalade ou Pl@ntNet, le Shazam des plantes. La différence entre les deux applications. Ecobalade ne s’utilise que sur des circuits dédiés et permet d’intégrer un côté ludique. C’est l’utilisateur qui va devoir faire de la  reconnaissance des plantes alors que Pl@ntNet est un Shazam des plantes. Vous prenez en photo la partie d’une plante et il la reconnait grâce à sa base de données !

Présentation des applications

Après, nous sommes rentrés dans le vif du sujet avec la réalité augmentée et PokemonGO. Après une présentation hyper précise de Charles sur l’application (il l’utilisait déjà depuis des semaines !), nous avons largement débattu de l’intérêt et des limites de la RA (réalité augmentée) pour les activités de pleine nature. L’intérêt a été démontré dans de nombreux articles récents pour les professionnels du tourisme mais c’est aussi un excellent moyen de faire sortir et de faire bouger les gens !

Après, bien entendu, il faut de la 4G pour utiliser cette application donc pas forcément évident partout en milieu naturel… Et surtout quel intérêt de venir dans la nature pratiquer ces activités si c’est pour avoir le nez dans son portable comme le dit justement Florence du Welcome City Lab !? Pas faux…

Dans tous les cas, Charles est ravi de voir l’engouement autour de cette application car il le dit clairement : « Cela va montrer aux professionnels et aux collectivités de l’intérêt de la gamification pour valoriser leurs patrimoines locaux… et ça, c’est du pain béni pour son activité ! »

Il nous présente justement quelques applications qu’il a réalisées pour certains clients comme le Club Med d’Opio (avec une chasse au trésor pour les clients), le Bassin d’Arcachon, Huttopia ou encore l’ONF. De beaux projets qui mettent régulièrement la gamification au cœur de la découverte touristique des patrimoines locaux.

Enfin, après avoir échangé sur le boom de la pratique connectée (avec la mesure des performances ou Quantified Self et le partage en live des activités (Facebook Live, Periscope et autre SnapChat)), nous avons débattu sur l’intérêt de la réalité virtuelle qui semble encore limitée mais qui commencent à apparaître dans les activités à sensation comme par exemple à Bol d’Air dans les Vosges avec FantastiVR.

Et la digital détox ?

Pour terminer, avec tout ça, on s’est bien sûr posé la question de la Digital Detox. Est-ce qu’avec toutes ces connexions de partout, n’aura-t-on pas envie de se déconnecter VRAIMENT à un moment ou plus exactement qu’un opérateur nous pousse à nous déconnecter ? Des hébergements commencent à proposer des séjours en detox mais cela fonctionne-t-il ? Le touriste ne souhaite-t-il pas garder la main et avoir le choix de se déconnecter et de se reconnecter quand il veut.

Le digital est clairement entré de plein pied dans les activités de pleine nature. Avec Charles, nous avions échangé en amont de la rencontre et nous nous posions ces questions de l’intérêt de tout ça pour un tourisme plus durable. A part les applications pour apprendre la biodiversité, les autres outils digitaux semblaient plus complexes à appréhender pour un développement durable du tourisme de nature. Mais au fond, nous nous disions que l’intérêt de « digitaliser » le tourisme de pleine nature était d’attirer dans les espaces naturels des publics qui n’avaient pas d’intérêt à y aller normalement. Après, c’est justement au travail des professionnels de terrain de prouver à ces publics tous les bienfaits de la nature sans le digital et de les convertir à se déconnecter de temps en temps pour mieux se reconnecter à la nature. Regardons le côté positif de tout ça!

Et si PokemonGO permettait demain de faire des touristes digitaux des sentinelles de la nature ? Utopie quand tu nous tiens…

A bientôt, profitez bien de l’été ! Et vous professionnels et collectivités, si ça vous donne des idées de projets, n’hésitez pas à regarder ce que l’on fait chez ID-Tourism pour le développement de l’écotourisme et prenez contact avec Charles à Atelier Nature pour développer des superbes applis !

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism (Suivez moi sur Twitter et sur Instagram pour voir mes dernières sorties nature !)

De l’aide à la digitalisation de votre activité ? Cliquez 


Smart Community : vers des habitants impliqués dans l’animation et la promotion de la destination ?

De l’humain dans le digital

C’était il y a moins d’un mois, on m’avait demandé de venir à Aix les Bains fin juin pour participer aux Académies du Tourisme Numérique #ATN2016 sous la signe « Réinjecter de l’humain dans le digital ? ».

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Photo Tourmag – i-tourisme 

Impliquer les habitants dans la mise en tourisme de leur destination

En tant que spécialiste sur les questions de tourisme durable & des innovations, ça m’allait très bien ! Alors que beaucoup d’intervenants partaient justement du digital pour intégrer de l’Humain, je suis plutôt parti de l’Humain (ça doit être ma fâcheuse manie de m’intéresser aux attentes des clients avant tout !) et de la consommation collaborative pour tenter de voir comment nous pourrions repositionner et impliquer sérieusement l’habitant dans l’animation et la promotion de sa destination (en utilisant le digital forcément !).

Avec un peu de recul, je me dis que l’idée que je présentais n’était vraiment pas débile ! En gros, je reprenais l’exemple du tourisme communautaire que j’avais pu voir, suivre, ou développer dans pas mal de pays en développement comme au Kirghizstan, au Cameroun, au Kenya ou encore en Casamance au Sénégal. Le principe est relativement simple, une organisation villageoise (association ou Groupement d’Intérêt Communautaire) est créée avec les habitants comme membres qui ont tous la capacité d’offrir un service touristique au visiteur de passage. Ainsi, par exemple, au Kirghizstan, on pouvait y retrouver les femmes, propriétaires de leur maison (qui avait des chambres de disponible car les enfants étaient partis faire leurs études à Bishkek), d’autres qui faisaient des objets souvenirs en feutre (tapis traditionnel, chapeau, petits animaux, poche à portable !), les jeunes qui pouvaient guider les voyageurs dans les montagnes à pied ou à cheval, les bergers qui pouvaient accueillir des visiteurs sous une yourte, les propriétaires de chevaux ou de voiture pour les transports, etc. J’ai découvert ainsi ce concept assez extraordinaire en 2006 en passant 6 mois à Kochkor pour mon stage de fin d’études. Une révélation pour moi !

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Office de tourisme et habitants

Aujourd’hui, 10 ans après, alors que les critiques sur l’économie collaborative abondent car pris par certaines start-up devenus rapidement des multinationales… Au fond, comme le dis Arthur De Grave dans son article sur OuiShare, le sujet n’est plus la question de l’économie collaborative mais bien du nouveau paradigme qui se dégage autour du salariat et de la freelancisation de notre société !

A la fin de mon stand-up à Aix-les-Bains, je me disais donc que les destinations touristiques pouvaient très bien basculer à un moment sur ce modèle en impliquant tous ces habitants qui sont déjà inscrits sur les plateformes collaboratives comme Airbnb, BedyCasa, Blablacar, Drivy, OuiCar, Vizeat, Hostelp, RendezVouschezNous ou encore WideTrip. Car aujourd’hui, clairement, ces habitants jouent un double jeu et ne sont pas vraiment « utilisés » par les offices de tourisme ou les ADT, non ?

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Vers une smart community ?

Dans ce cadre-là, à part des rapprochements ou même des fusions avec les associations locales de Greeters, les hôtes collaboratifs utilisent juste les plateformes et ne se soucient pas plus que ça de leur participation avec les acteurs traditionnels du tourisme comme les offices de tourisme. Je pense même, en m’avançant un peu certes, que ces nouveaux prescripteurs locaux ont une vision assez négative ou old school des acteurs traditionnels.

Il serait donc assez pertinent de faire se rencontrer ces acteurs traditionnels avec leurs habitants capables de participer à l’animation et à la promotion de la destination.

Dans cette vision, je me demande si la constitution d’une société coopérative soit sous la forme d’une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) soit d’une SCAE (Société Coopérative d’Activités et d’Emploi) ne pourrait pas voir le jour en France dans les prochaines années pour impliquer au mieux les habitants de la destination sur le modèle du tourisme communautaire des pays en développement. Et si pour une fois la coopération se faisait du Sud vers le Nord ?

Quel territoire est prêt pour expérimenter une Smart Community ou Communauté Intelligente comme le disait Aude Lenoir à Sherbrooke pendant les #FET5 ?

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Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism & fédérateur du pôle d’excellence Ecotourisme auprès de M. Matthias Fekl, Secrétaire d’Etat à la Promotion au Tourisme. (Retrouvez moi sur Twitter, Linked In & Instagram)