[Interview] Cartographie open source & tourisme durable

Il y a 2 mois, je me rendais en Guadeloupe pour participer à cette mission incroyable qu’était #CaribeWave2017 avec la team HAND pour Hackers Against Natural Disasters. Je vous en parle dans cet épisode de ID-TALKS.

Lors de ce déplacement, j’ai rencontré plein de gens incroyables, des geeks, des activistes, des entrepreneurs sociaux, des pilotes de drones, des génies de la bidouille, etc.

Parmi ces personnes, j’ai bien sympathisé avec Loïc Ortola, entrepreneur, geek, codeur et pilote-crasheur de drones. Lyonnais d’origine, il va avoir 28 ans et il a fait de la notion de partage de connaissances son leitmotiv. Il aime partager sa passion pour l’information au plus grand monde mais aussi la motivation au travail (je crois qu’il possède toute la bibliothèque d’Amazon sur le développement personnel dans son appart parisien).

Son projet d’entrepreneur aujourd’hui, c’est Jawg Maps, un Google Maps français basé sur la donnée OpenSource. En discutant avec lui, je me suis dit que ça avait un lien intéressant avec le tourisme et le tourisme durable car on en utilise pas mal de la cartographie dans le tourisme !

Quand je lui demande ce qu’est Jawg Maps plus en détails, voici sa réponse :

« Jawg maps, c’est une plateforme de mapping. En vrai, c’est juste un moyen compliqué de dire qu’on fait des cartes. Comme Google Maps, comme Via Michelin, comme Bing. On vit dans l’ère de l’assistant personnel, et le grand-public a choisi de déléguer un certain nombre d’usages à la technologie. Parmi ces usages, le « où » et « comment » se repérer et se déplacer. »

Il poursuit : « Pour s’en rendre compte, j’adore cette anecdote : est-ce que ça t’es déjà arrivé de sortir du métro, et de faire 100m dans une direction juste pour voir dans quel sens la « bulle » se déplace sur Google Maps? Nous avons choisi de ne plus prendre le temps de se repérer, ni de créer son itinéraire, et encore moins de regarder le nom des rues. Si tu regardes de plus près, le point commun entre Uber, Airbnb, les Objets Connectés, Booking, MonDocteur, la SNCF et même Pokémon Go, c’est qu’ils ont tous une stratégie autour de données localisées. »

Sa vision, c’est que la carte est un des moyens les plus moyens les plus intelligibles de représenter cette donnée de façon ergonomique pour un usager. Et pour lui l’avenir est clair ! « Ce marché ne peut que grandir. » affirme-t-il.

Une différence avec Open Street Map …

Pour moi, quand il me raconte tout ça, je fais le lien assez vite avec Open Street Map mais il m’explique vite les différences car je reste un néophyte. Il m’explique que OSM (pour les intimes), c’est plutôt le Wikipedia de la carte. Historiquement, selon lui, la valeur d’un système cartographique est toujours proportionnelle à l’investissement qui est réalisé sur la collecte. On se rappelle quand il fallait acheter les « Cartes de France 2002 » pour le GPS Tom Tom… Avec l’arrivée du web, les usages et les modèles de valeur ont explosés. Wikipedia a disrupté totalement Encarta. Il pense alors que la même chose est en train de se passer dans le monde des cartes. « En 2004, OSM était une feuille blanche ! Aujourd’hui, c’est une base de données de plusieurs centaines de Giga-octets qui regroupe la plupart des données géographiques du monde (routes, cadastre, points d’intérêts, etc.). Avec ces données, on peut faire plein de choses : des cartes en ligne (sous forme d’images), des impressions, des moteurs d’itinéraires, des annuaires, etc. »

Et toutes ces données, sont entretenues par plusieurs dizaines de milliers de contributeurs dans le monde. Mais aussi par de plus en plus d’industriels comme la SNCF par exemple.

Alors, faut-il arrêter d’utiliser Google Maps, comment peut-on pousser les gens à utiliser les cartographies de Jawg ?

Pour Loïc, « Les outils de Google Maps sont excellents. C’est là qu’OpenStreetMap fait pâle figure (car ce n’est pas son objectif). En termes de valeur sur la donnée, OpenStreetMap est une source exceptionnelle. En termes d’industrialisation et d’outillage, c’est autre chose. C’est ce jour que Jawg a pris sens dans notre tête. On cherche à donner la possibilité à de vraies entreprises d’avoir une alternative. »

Sur la plupart des solutions du marché, il y a une certaine délégation de gouvernance et de maîtrise car l’ambition se trouve encore autour de la donnée. En utilisant OpenStreetMap, Loïc pense que les acteurs font une délégation, mais c’est une délégation « positive ». C’est un vrai choix politique au final de mettre à disposition les données pour tous. Et en retour, des contributeurs pourront les enrichir et bénéficier automatiquement des améliorations. Pour le secteur du tourisme, les points d’intérêts d’une ville, les chemins de rando en montagne, les pistes de ski, etc. sont déjà très bien décrit dans OSM. Y’a plus qu’à donc !

Pour Loïc, « Jawg, c’est juste une « manière » d’utiliser cette donnée pour en faire une carte. Si vous utilisez Jawg demain, c’est justement pour bénéficier de ces données sur vos cartes, très simplement. Evidemment, nous avons aussi la possibilité de disposer de jeux de données « privés », dont vous êtes les uniques propriétaires. »

Un autre aspect est que la plupart des autres acteurs monétisent leur plateforme de différentes manières. En fait, la plupart sont très chers une fois que vous atteignez un certain degré d’utilisation. Les autres favorisent le placement publicitaire au sein des applications.

On se retrouve avec des choses assez loufoques: une chaîne d’hôtels peut retrouver des hôtels concurrents mis en avant dans leur propre app mobile par exemple…

Jawg Maps = acteur du tourisme durable ?

Au final, je comprends vite que Jawg est un peu un acteur du tourisme durable. Il y a en effet des valeurs propres aux enjeux du développement durable comme la question de l’Open Source. De plus, il lutte contre le Digital Labour, le respect de l’identité graphique et en proposant en plus un très bon rapport qualité prix pour les professionnels !

Alors, n’attendez plus ! Allez discuter avec Lolo de vos projets de cartographie pour les entreprises du tourisme et pour les destinations !

Guillaume Cromer, directeur Gérant ID-Tourism (Suivez moi sur Twitter)

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Pros du tourisme, anticipons ensemble les risques de catastrophes naturelles!

 500 000 touristes sur les plages impactés directement par un tsunami le 21 mars 2017, suite à un séisme de 8.5 sur l’échelle de Richter… Scénario catastrophe. Ce n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé en 2004 en Indonésie & en Thaïlande.
Tout ceci n’est qu’un exercice porté par les Nations Unies. Comme l’écrit Camille, notre envoyé spécial avec nous à Marie-Galante, dans le 1er article dans Libé, tout est prévu à la minute près…

Professionnels du tourisme : assez sensibilisés aux risques de catastrophe naturelle ?

Alors que j’ai embarqué dans l’équipe #HAND (Hackers Against Natural Disasters) pour piloter la brique tourisme, je vois bien que les professionnels du secteur ne sont pas bien préparés à ces enjeux. Et pourtant ! La sécurité des clients devrait être l’une des premières préoccupations des tour-opérateurs, croisiéristes ou tour-opérateurs… Et même en échangeant avec les services développement durable / RSE de certains opérateurs, on sent bien que ce n’est pas un sujet prioritaire. Notre enquête en ligne auprès des prestataires et opérateurs touristiques en Guadeloupe confirme bien cet état de fait. Les acteurs ne sont pas prêts à affronter ce scénario catastrophe et si cela arrivait effectivement, les conséquences seraient dramatiques !


En 2004 en Indonésie et en Thaïlande, ce sont des dizaines de milliers de touristes qui ont disparus. De la part des opérateurs, il y a eu plus de réactions, de condoléances et de dons que d’anticipations comme le montre ce mot du CEO de TUI.

Mais alors, comment pousser les administrations touristiques, les opérateurs et les prestataires à prendre en compte cette question ?

Avec l’équipe #HAND et les acteurs locaux du FabLab de Jarry, des outils sont en cours de création. Une vidéo de sensibilisation pour les habitants, adaptables potentiellement pour les touristes. Des affiches que l’on pourrait mettre dans les hôtels. Une application pour permettre aux touristes de se géolocaliser et de trouver aisément et rapidement une zone de sûreté. Une messagerie instantanée pour permettre aux touristes d’informer les autorités de la situation réelle, de l’état des victimes et blessés. Il y a encore énormément de choses à préparer !

Ce travail me fait penser à la réflexion autour de la lutte contre le tourisme sexuel impliquant les enfants. Auparavant, ce n’était pas un sujet. Aujourd’hui, des associations comme ECPAT travaillent régulièrement en partenariat avec les tour-opérateurs, les compagnies aériennes, les hôtels pour informer, sensibiliser, impliquer les professionnels et les touristes sur les situations à risque. Culturellement, cette problématique est devenue un enjeu presque traditionnel pour la profession.

Notre rôle :

Notre travail consiste à ce que les opérateurs et autres professionnels intègrent tout autant naturellement ces enjeux autour des risques de catastrophes naturelles comme les tsunamis. Thématique qui sera élargie à toutes les insécurités pour les voyageurs, tremblements de terre, inondations, éruptions volcaniques mais aussi attentats ! En regardant derrière nous, de nombreuses images de touristes nous reviennent, victimes de ces catastrophes comme au Népal, au Japon, au Pérou dernièrement…

Alors que les prévisions de l’Organisation Mondiale du Tourisme sont toujours aussi optimistes avec 1,8 milliards de touristes d’ici à 2030 et que les ventes de bateaux de croisière explosent, il est plus qu’urgent pour les opérateurs touristiques de prendre à bras le corps cette question au risque de voir s’accumuler les images de Costa Concordia…

Alors, on se bouge ? L’équipe #HAND est prête à collaborer avec vous!

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Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism & Président Acteurs du Tourisme Durable (A suivre sur Twitter)

Intéressé par ce type d’actions qui pourraient être intégrées dans une stratégie de développement durable du tourisme dans votre collectivité ? Cliquez


ID-Tourism se déploie dans les Alpes !

Le 1er octobre, ID-Tourism aura une nouvelle adresse située à Grenoble.

J’ai décidéune adresse dans les Alpes pour m’éloigner un peu de Paris et retrouver ainsi mes premiers amours, les montagnes, qui me manquent.

Derrière ce déménagement, il y a également une volonté claire de continuer le travail d’ingénierie marketing du tourisme réalisé avec ID-Tourism ! Mais en orientant un maximum de réflexions sur les territoires de montagne et pour trouver les solutions innovantes afin d’amener au développement d’un tourisme plus durable. Comme les îles, les milieux de montagne sont fragiles. Elles nécessitent d’expérimenter de nouveaux modèles touristiques plus équilibrés pour l’ensemble des parties prenantes et pour l’environnement.

Pourquoi Grenoble ?

A Grenoble, je vais m’intégrer à l’écosystème digital / tech local afin de bien comprendre les spécificités, les volontés et les engagements des start-ups alpines. Cela ressemblera à ce que j’ai fait ces dernières années à Paris que ce soit avec le Welcome City Lab ou d’autres organismes. Insuffler l’entrepreneuriat dans le tourisme sera l’un de mes objectifs. Je suis persuadé que cette ville et la région regorge de pépites entrepreneuriales qui n’ont besoin que des bonnes orientations et compréhensions des opportunités dans l’industrie du tourisme pour se révéler !

Sport de Nature et réseautage

Formé à Gap au sein de l’IUP « Métiers de la Montagne » il y a plus de 10 ans, c’est le bon moment pour renouer avec ce milieu que ce soit de manière professionnelle ou personnelle. Rando, escalade, alpinisme, VTT, parapente, snowboard… quel plaisir de revenir pratiquer régulièrement à proximité de chez moi ! Par la pratique, ce sera aussi l’occasion de rencontrer les professionnels. Mais aussi de sentir les nouvelles attentes des pratiquants, d’échanger avec les élus et les techniciens des collectivités. Je pourrais aussi voir la sensibilité des milieux et la nécessité d’un écotourisme fort.

Vers une évolution de l’ingénierie touristique ?

Je le dis souvent mais le métier de l’ingénierie doit évoluer. A travers ce changement, je pense qu’il faudra encore plus repenser l’ingénierie. Toujours plus à la carte, toujours pour en open source afin de donner les clés d’analyse et de solutions au plus grand nombre. L’ingénierie et le consulting, c’est avant tout une volonté de faire changer les choses dans le bon sens. Et l’ingénierie, c’est aussi un parfait outil de veille et de recherche / développement pour comprendre l’évolution des pratiques, des nouvelles attentes des voyageurs et des professionnels.
L’ingénierie au service de l’entrepreneuriat, c’est une de mes visions. Pour changer les choses et donner plus de sens, j’imagine déjà les prémices de la complémentarité entre un service ingénierie et un service développement de solutions. Je vous en parlerais plus en détails en 2017.

L’ingénierie en Montagne

Et bien sûr, derrière l’ingénierie en montagne, il s’agit aussi de rejoindre d’autres professionnels, consultants, experts comme à travers le Cluster Montagne. Ce cluster, est basé à Chambéry et je pourrais enfin me rendre et imaginer des collaborations. Et parmi cela, la capacité de l’ingénierie française du tourisme à exporter ses savoir-faire à l’international à travers le programme French Travel par exemple.

Et ATD ?

Mes engagements associatifs ne s’arrêteront pas. Acteurs du Tourisme Durable aura un nouvel élément dynamique au sein de la région Auvergne Rhône-Alpes. Ainsi, nous développerons le réseau et nous créerons des moments d’échanges entre professionnels. Par ailleurs, mon travail au sein de Mountain Riders pour le développement du label Flocon Vert ne sera que plus efficace.

Au plaisir de vous croiser sur Grenoble à partir de début octobre !

A bientôt,

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism (Suivez moi sur Twitter, LinkedIn et sur Instagram)

Vous êtes à Grenoble, dans une collectivité ou une entreprise touristique ? Contactez nous !


[Interview gourmande] A la rencontre de Sandra Kati, passionnée de chocolat pour décrypter la mise en tourisme du cacao!

Q1 : Salut Sandra, peux-tu te présenter en quelques lignes. Qui es-tu ?

Salut Guillaume. Pour me présenter en quelques lignes, je suis Sandra KATI, responsable commerciale et marketing de Xoco Gourmet, une société basée au Honduras et productrice de fèves de cacao fin haut de gamme. Ce que j’aime par-dessus tout : les découvertes gastronomiques et les voyages. J’ai voyagé durant un an et demi entre la France et l’Australie avec pour fil rouge le cacao. L’objectif de ce périple était d’en apprendre un maximum sur la filière cacao. J’ai rencontré des chocolatiers, des planteurs, des sourceurs de cacao, des producteurs bean to bar (chocolat fabriqué depuis la fève jusqu’à la tablette par des artisans et mettant en avant la plus part du temps des origines différentes de fèves de cacao), des couverturiers, etc.

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Q2 : Tu es une accro du chocolat alors, c’est bien ça ? Comment est venue cette passion et surtout comment as-tu réussi à la transformer en métier ?

Je crois qu’on peut dire que je suis une accro du chocolat en effet. Je suis une gourmande et une curieuse du goût.

Après une première expérience professionnelle dans la communication en Australie puis à Paris, je pars au Japon quelques mois pour travailler dans un secteur qui m’a toujours attiré : celui de la gastronomie. A Tokyo, je travaille dans le secteur du vin, c’est pour moi une révélation ! J’ai toujours aimé comprendre le travail des artisans du goût, leur histoire et les spécificités de chacun. Cette passion pour le goût s’est naturellement orientée vers le chocolat.

De retour en France, j’ai une seule idée en tête : travailler dans le chocolat. Je décide de rencontrer les artisans chocolatiers pour mieux comprendre leur travail. Je découvre un univers que je connaissais en fait très peu. Je découvre LA matière première principale des chocolatiers : Le chocolat de couverture. Cette couverture est fabriquée par les entreprises qui achètent les fèves de cacao en Afrique, en Amérique Centrale, en Amérique du Sud, en Asie. En plus de faire un produit élégant et gourmand, le chocolat peut faire voyager. En faisant des recherches sur le cacao, je découvre que le cacao du Vietnam commence à avoir une certaine popularité notamment grâce à Erithaj et Marou des sociétés créées par des français proposant des tablettes pure origine Vietnam. Je me rends donc au Vietnam pour visiter leur station de fermentation (Erithaj) et petite fabrique de chocolat (Marou) et pour mettre les pieds sur mes premières plantations de cacao.

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Après ce voyage Arnaud Stengel me propose de l’aider à développer l’activité commerciale de la société Erithaj. C’est donc ma première réelle expérience dans le cacao en plus des ateliers dégustations que j’organise encore aujourd’hui.

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Après quelques mois au sein d’Erithaj, j’ai envie de visiter plus de pays producteurs. Durant mon voyage d’un an et de demi, je rencontre des planteurs, des chocolatiers locaux, des acheteurs de cacao, des conseillers en agronomie,
etc. Je partage cette expérience sur mon profil Facebook.
C’est grâce à cela que j’ai trouvé le poste que j’occupe aujourd’hui puisque, Frank Homann, le CEO de Xoco Gourmet a suivi mon périple via les réseaux sociaux.

Q3 : La matière première du chocolat, le cacao, fait partie des grands patrimoines agricoles de certains pays comme la vigne chez nous. Est-ce que c’est ressenti comme ça dans les pays que tu as
visités ?

C’est exactement ça ! Le cacao commence à être cultivé 1000 ans avant JC dans des régions du  Mexique et du Guatemala. A l’époque, les peuples Mayas fermentent et sèchent le cacao pour en faire une monnaie d’échange ou un produit alimentaire. Aujourd’hui, le cacao joue encore un rôle important dans ces très anciens pays producteurs qui peuvent se vanter d’avoir une véritable histoire et un savoir-faire.
Au Honduras, en visitant le site Maya de Copán, j’ai même trouvé des cabosses (fruit du cacaoyer) sculptées sur des
morceaux de ruine du temple. Ces pays orientent aujourd’hui leur production vers un cacao fin pour répondre à la demande d’un marché plus haut de gamme et de qualité car le marché du cacao bas de gamme ne rapporte plus assez.
Aujourd’hui, 80% du cacao provient de la Côtes d’Ivoire et du Ghana ou la culture a été introduite au XIXe siècle. Le développement de cette agriculture en Afrique de l’Ouest permet de produire beaucoup puisque la production a été  multipliée par 25 entre 1900 et 1994. Mais la variété de cacaoyer n’est pas la même et représente un intérêt gustatif
moindre. On passe du Criollo au Forastero pour produire un chocolat de masse moins rentable pour le producteur. Aujourd’hui, certain chocolatiers haut de gamme se fournissent en Afrique de l’Ouest car certain planteurs modifient
leurs habitudes pour faire un cacao de meilleure qualité mais le chemin à parcourir reste encore long. Quand on recherche un chocolat de qualité on a encore tendance aller vers l’Amérique centrale ou du Sud.

Q4 : En tant qu’expert du tourisme, je trouve que le cacao n’est pas vraiment mis en lumière dans les pays producteurs alors que tout le monde adore le chocolat, non ? Ce n’est pas bizarre d’après toi ?

Cela commence très doucement. Je sais qu’il existe des éco-tours à Bali assez bien organisés. Le voyageur peut visiter des plantations de cacao, de café, de riz, de fruit, etc. Il existe d’ailleurs un certain nombre de fabricants bean to bar
sur place ayant créés tout un business autour des produits dérivés du cacao. Je trouve que c’est une bonne chose et que cette pratique devrait se démocratiser.

En Amérique centrale, il existe bien évidemment, des musées du chocolat. Mais les présentations sont généralement succinctes et il est difficile de trouver quelqu’un pour guider le voyageur sur les plantations de cacao. Au Vietnam, je
n’aurais moi-même pas rencontré les planteurs sans l’aide des chocolatiers français présents sur place. C’est étrange car la demande est de plus en plus forte. Les gens veulent associer leur voyage à ce genre d’expérience. Les connaissances et les exigences  des consommateurs de chocolat augmentent. Ils veulent en savoir plus sur ce produit gourmant qui fait voyager par son histoire, ses arômes et sa provenance.

Q5 : A l’instar de l’œnotourisme en France ou de l’agroturismo en Italie, penses-tu qu’il y aurait des choses à faire pour valoriser au niveau touristique le cacao ?

J’aimerais que l’agrotourisme se développe. Il faudrait que les agences de voyage intègrent ce genre de prestation. J’ai visité des plantations de cacao cultivées dans des endroits magnifiques et paisibles au Vietnam, en Inde, au Honduras.

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Par contre, le tourisme est en général très peu développé et le travail à effectuer en matière de logement et d’infrastructure est énorme.

Q6 : Enfin, as-tu visité des fermes, des sites, des hébergements ou des boutiques dans des déplacements où le visiteur vivait une vraie expérience ? Où quand il ressortait de sa visite, il faisait « Wahou ! Génial !! » ?

La plus belle ferme que j’ai visitée se trouve dans la région de Copán au Honduras. Elle se trouvait en altitude. Le planteur a plusieurs cultures : bois précieux, caoutchouc, café, haricot, maïs et le cacao. Son exploitation n’est pas très grande mais elle est très variée et surtout, ce qui est magique c’est qu’elle est située au milieu d’une forêt absolument somptueuse et gigantesque.

Un grand merci Sandra pour tes réponses! A très vite pour une dégustation!

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism

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Blogueurs, Snapchat et cure de jouvence

L’ITB 2016 …

A ITB à Berlin, on sent bien l’évolution des tendances dans le milieu du voyage. Il suffit de regarder l’affluence des conférences organisées aux quatre coins du Berlin Messe. Ce vendredi après-midi, je me suis laissé embarquer par Sébastien (cc MyDestination) et Adeline (Voyagesetc.) sur le forum 6.1 consacré au e-travel pour écouter deux conférences qui se sont enchainées, l’une sur le travail des blogueurs avec les destinations, l’autre sur l’utilisation de Snapchat dans le marketing touristique. Mon 1er sentiment… salle plus que pleine, des gens debout pour écouter les échanges. De la génération Y mais pas uniquement, des décideurs, des professionnels divers et variés.

Côté blogueurs, pas d’annonce exceptionnelle à retenir des échanges, juste leur montée en puissance, leur professionnalisation grandissante, leur capacité à monétiser leur contenu, leur travail de prescription et d’influence, tout ça soutenu par des chiffres boostés pour analyser le ROI. C’est beau.

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Snapchat ?

Puis, c’est au tour de la conférence sur Snapchat… Là, j’entre dans une nouvelle dimension. Deux minettes sous LSD débarquent, déchainées, imparfaites, colorées, fraiches et pétillantes. Elles doivent avoir la vingtaine et j’ai presque l’impression d’avoir été invité à un talkshow japonais hypercoloré…

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 Une visibilité non négligeable

Entrecoupé de leurs derniers Snap, elles présentent des chiffres impressionnants de ce réseau social en plein boom. 100 millions d’utilisateurs actifs quotidiens ! 65% d’utilisateurs qui publient au moins un snap chaque jour ! 30% de la génération Y aux Etats-Unis utilisent régulièrement Snapchat. 9000 snaps photo par secondes… 8 milliards de vues de vidéos chaque jour !

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Cette génération, au delà de la génération Y

Bien sûr, on imagine que cela cible une clientèle particulière de (très ?) jeunes mais impossible de laisser ce phénomène de côté (73% sont de la Génération Y – 32% de 13-17% / 45% de 18-24%). Avec mes acolytes français, on se regarde et on pense tous la même chose. On est vieux… Leur énergie débordante, leur attitude YOLO (You Only Live Once) sur les snaps est assez déconcertante. On s’imagine mal faire ce qu’elles proposent. Cette génération est totalement décomplexée. Il va falloir s’y faire, à la fois pour bien les appréhender en tant que client mais aussi en tant que partenaire influenceur. Un beau challenge pour nous, trentenaire… Une révolution totale pour la génération précédente.

Guillaume CROMER, directeur ID-Tourism (Suivez moi sur Twitter & sur … Snapchat #Krom82 )

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Blockchain et tourisme (tentative de vulgarisation…)

Bonjour à tous,

Le Big Bang Blockchain (Le BBB)

Ce soir, je suis allé à une conférence organisée à l’école de commerce parisienne ESCP Europe qui avait pour titre : « Le Big Bang Blockchain : la nouvelle révolution numérique » organisée par Blockchain France. J’avais lu dans la presse ou sur Facebook que les « Blockchain », c’était le nouveau truc disruptif de demain, un machin incroyable qui allait tout révolutionner… Donc, j’y suis allé pour comprendre et potentiellement paraître intelligent et un peu geek à des soirées.

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Je préviens tout de suite, je ne suis pas vraiment un techos et le sujet n’est pas facile facile donc je vais faire de mon mieux pour vous l’expliquer et surtout comprendre l’intérêt, les risques et les opportunités dans le secteur du tourisme.

1er point :Blockchain, c’est quoi ?!

En gros, la blockchain, c’est une technologie, un protocole informatique (comme TCP/IP) qui permet d’avoir un historique décentralisé des transactions qui sont effectuées comme un registre. Ce qui est important dans la blockchain, c’est que c’est un algorithme, du code informatique qui devient le tiers de confiance et non pas une entreprise (et principalement une plateforme web).

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Prenons un exemple, ce sera plus simple… Vous connaissez tous Uber ou Blablacar. Ces plateformes web permettent de mettre en relation des utilisateurs avec des clients à travers une plateforme web qui est gérée par une entreprise privée qui fait de beaux bénéfices en développant cette solution.

L’intérêt de la blockchain, c’est que le tiers de confiance devient uniquement informatique et c’est lui qui gère la mise en relation entre les acteurs au sein d’un réseau décentralisé voir distribué. Comme dans l’Open Source, ce sont tous les utilisateurs du système qui garantissent le bien fondé du système et non pas une entreprise privée et au final, le consommateur a confiance dans le protocole, dans la blockchain, et non pas uniquement dans l’entreprise plateforme.

C’est bon, c’est un peu plus clair ? Sur son site Internet, Blockchain France explique que « Comparée à l’invention du protocole Internet, cette technologie révolutionnaire de stockage numérique et de transmission d’informations s’appuie sur un réseau décentralisé pour s’assurer de la fiabilité de ses transactions. Créatrice de confiance, la blockchain promet une désintermédiation de nombreux secteurs, annonçant ainsi la deuxième génération de plateformes d’économie collaborative».

2ème point : les applications actuelles

A l’origine, les blockchains sont nées en 2009 avec la création de la « crypto-monnaie », le fameux Bitcoin. La volonté était de créer une monnaie et de pouvoir se la partager de manière sécurisée, infalsifiable (chaque Bitcoin à un code) avec un registre public de toutes les transactions.

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Aujourd’hui, les applications ne sont pas uniquement dans la finance mais des intervenants lors de la conférence ont présenté des idées et projets dans la mobilité (comme le projet israélien La Zooz par exemple), dans la démocratie (vote en ligne sans passer par un pouvoir central), l’emploi (mise en relation direct entre recruteur et chômeur), etc.

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Bien sûr, sur la conférence, on s’entend bien que ce n’est encore que le début du mouvement mais il y a comme un souffle nouveau, d’euphorie, de liberté (un peu comme aux débuts du web…).

3ème point : Et le tourisme alors ?

De ce que j’ai compris et de ce que je perçois pour le secteur du tourisme, c’est que les grandes plateformes de mise en relation (Blablacar, Airbnb, Uber, etc.) et toutes les nouvelles start-ups qui pointent leur nez dans la mise en relation Guides locaux / Voyageurs vont devoir faire très attention si elles ne veulent pas se faire « uberiser »… Et oui ! Car si demain, des blockchains sont utilisés pour créer des mises en relation direct entre des hôtes, des cuisiniers, des guides locaux ou des transporteurs sans passer par une entreprise plateforme mais juste un protocole Blockchain…
Et bien tout le monde ira là-dessus ! Dans cette vision-là, je me demande si le Nightswapping ne pourrait pas évoluer sur un protocole de type Blockchain…

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Une entreprise comme Evaneos.com ou bien sûr les tour-opérateurs plus classiques pourraient être ainsi également complètement disruptés…

Autre projet intéressant dans le tourisme, c’est l’importance du Bitcoin bien sûr et d’autres entreprises dans la finance comme Moneytis, qui se considère comme le Booking.com du transfert d’argent ce qui permettra de ne pas passer par les banques… Une évolution de ce système pourra bien imaginer des cas intéressants pour le voyageur itinérant.

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En conclusion :

Au fond, ce qui est intéressant je trouve avec la technologie Blockchain, c’est que cela peut répondre justement à tous les débats actuels sur le nouveau capitalisme des plateformes comme Airbnb ou Uber qui sont valorisés des dizaines de milliards de dollars. La blockchain permettra peut-être d’assainir ce système et au fond d’intégrer un peu de solidarité et de développement durable dans la vision des plateformes grâce à une confiance autorégulée par du code…

Bon, j’espère que je n’ai pas été trop complexe dans mes propos… N’hésitez pas si vous avez des questions. Je reviendrais forcément dessus dans de prochains articles.

A bientôt, Guillaume Cromer, ID-Tourism (Suivez moi sur Twitter & LinkedIn)