Pros du tourisme, anticipons ensemble les risques de catastrophes naturelles!

 500 000 touristes sur les plages impactés directement par un tsunami le 21 mars 2017, suite à un séisme de 8.5 sur l’échelle de Richter… Scénario catastrophe. Ce n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé en 2004 en Indonésie & en Thaïlande.
Tout ceci n’est qu’un exercice porté par les Nations Unies. Comme l’écrit Camille, notre envoyé spécial avec nous à Marie-Galante, dans le 1er article dans Libé, tout est prévu à la minute près…

Professionnels du tourisme : assez sensibilisés aux risques de catastrophe naturelle ?

Alors que j’ai embarqué dans l’équipe #HAND (Hackers Against Natural Disasters) pour piloter la brique tourisme, je vois bien que les professionnels du secteur ne sont pas bien préparés à ces enjeux. Et pourtant ! La sécurité des clients devrait être l’une des premières préoccupations des tour-opérateurs, croisiéristes ou tour-opérateurs… Et même en échangeant avec les services développement durable / RSE de certains opérateurs, on sent bien que ce n’est pas un sujet prioritaire. Notre enquête en ligne auprès des prestataires et opérateurs touristiques en Guadeloupe confirme bien cet état de fait. Les acteurs ne sont pas prêts à affronter ce scénario catastrophe et si cela arrivait effectivement, les conséquences seraient dramatiques !


En 2004 en Indonésie et en Thaïlande, ce sont des dizaines de milliers de touristes qui ont disparus. De la part des opérateurs, il y a eu plus de réactions, de condoléances et de dons que d’anticipations comme le montre ce mot du CEO de TUI.

Mais alors, comment pousser les administrations touristiques, les opérateurs et les prestataires à prendre en compte cette question ?

Avec l’équipe #HAND et les acteurs locaux du FabLab de Jarry, des outils sont en cours de création. Une vidéo de sensibilisation pour les habitants, adaptables potentiellement pour les touristes. Des affiches que l’on pourrait mettre dans les hôtels. Une application pour permettre aux touristes de se géolocaliser et de trouver aisément et rapidement une zone de sûreté. Une messagerie instantanée pour permettre aux touristes d’informer les autorités de la situation réelle, de l’état des victimes et blessés. Il y a encore énormément de choses à préparer !

Ce travail me fait penser à la réflexion autour de la lutte contre le tourisme sexuel impliquant les enfants. Auparavant, ce n’était pas un sujet. Aujourd’hui, des associations comme ECPAT travaillent régulièrement en partenariat avec les tour-opérateurs, les compagnies aériennes, les hôtels pour informer, sensibiliser, impliquer les professionnels et les touristes sur les situations à risque. Culturellement, cette problématique est devenue un enjeu presque traditionnel pour la profession.

Notre rôle :

Notre travail consiste à ce que les opérateurs et autres professionnels intègrent tout autant naturellement ces enjeux autour des risques de catastrophes naturelles comme les tsunamis. Thématique qui sera élargie à toutes les insécurités pour les voyageurs, tremblements de terre, inondations, éruptions volcaniques mais aussi attentats ! En regardant derrière nous, de nombreuses images de touristes nous reviennent, victimes de ces catastrophes comme au Népal, au Japon, au Pérou dernièrement…

Alors que les prévisions de l’Organisation Mondiale du Tourisme sont toujours aussi optimistes avec 1,8 milliards de touristes d’ici à 2030 et que les ventes de bateaux de croisière explosent, il est plus qu’urgent pour les opérateurs touristiques de prendre à bras le corps cette question au risque de voir s’accumuler les images de Costa Concordia…

Alors, on se bouge ? L’équipe #HAND est prête à collaborer avec vous!

Suivez en live la mission #CaribeWave2017 sur Twitter, Facebook, Storify ou Instagram Stories

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism & Président Acteurs du Tourisme Durable (A suivre sur Twitter)

Intéressé par ce type d’actions qui pourraient être intégrées dans une stratégie de développement durable du tourisme dans votre collectivité ? Cliquez


Tourisme social – L’Humain au service du renouveau des hébergements collectifs ?

Concours de circonstances depuis quelques semaines. Je travaille, en effet, de manière parallèle sur 3 missions en lien avec le tourisme social et la recherche d’innovation digitale. Ces missions ont aussi des enjeux sociaux et organisationnels et réparties dans différentes régions de France.

En travaillant en direct avec de nombreux hébergements collectifs, j’ai pu me rendre compte que l’image générale
perçue par le grand public n’allait pas forcément de pair avec la réalité. Le potentiel des hébergements collectifs et autres acteurs du tourisme social et solidaire était , par ailleurs, sous-développé surtout au regard des dernières annonces des Airbnb & co.

Château de la Roche à Cerizay (79) membre du réseau des hébergements collectifs en Deux-Sèvres

Le tourisme social & solidaire ?

Oui, vous savez ! C’est ce concept très français qui a pour vocation de favoriser l’accessibilité du tourisme pour tous. Cela permet ainsi de voir le tourisme comme un outil au service du développement personnel, de l’éducation populaire et de l’ouverture sur l’Autre. Sacrément pertinent à l’heure actuelle !

Malheureusement, les acteurs du tourisme social en France se sont longtemps assoupis dans leur développement.
Pour beaucoup, cette assouplissement était par manque de vision stratégique & entrepreneuriale, de compréhension de l’évolution de leurs publics. Assoupissement dû aussi à leur lien direct avec des collectivités locales (ce qui, avouez le, n’aide pas vraiment à être au pied du mur pour innover).

Et si un secteur s’endort trop longtemps, des opportunistes arrivent… Ca a été clairement le cas dans le milieu hôtelier puis celui des auberges de jeunesse et maintenant, petit à petit, dans le monde des séjours de jeunes, classes de découvertes ou autres colonies de vacances.

Et quand on voit le vrai renouveau des auberges de jeunesse dans les villes, on ne peut que penser que le secteur des hébergements collectifs a du potentiel surtout qu’il est porteur de valeurs fortes qui répondent totalement aux enjeux actuels de la société… SlowTravel, Circuits Courts, Retour à la nature, Convivialité, Dimension humaine & Excellent rapport Expérience / Prix…. Mais alors, que manque-t-il ?!

Auberge de jeunesse les Piaules à Paris

Premièrement, une vision et un soutien politique fort.

Il faudrait bien entendu un soutien politique de la part des élus locaux, souvent propriétaire des hébergements afin d’y voir des vrais sources de retour sur investissement directs et indirects pour le territoire. Or, pour cela, il faudrait que ces élus aient une vraie compréhension et une vision sur le tourisme, non pas uniquement sociale (et donc de l’accessibilité du voyage pour tous) mais bien plus large, un outil au service de l’attractivité et du développement du
territoire. Au niveau national aussi, le gouvernement aurait tout intérêt à rendre le cadre de soutien et d’investissement beaucoup plus clair & transparent. Les aides potentielles de la DGE ou de la Caisse des dépôts
manquent clairement de clarté à ce jour.

Deuxièmement, la transition digitale & l’innovation.

Les hébergements collectifs ont, pour la plupart, un retard important sur la question de la transition digitale, que ce soit sur les outils  de travail au quotidien ou encore sur les outils de promotion et de commercialisation. Souvent, j’ai l’impression que les réseaux de marque jouent plus un rôle d’OTA pur rendant plutôt les hébergeurs dépendants et les obligeant à déléguer leurs présences web & stratégie webmarketing au réseau (un peu comme Booking au départ…).

Un beau contre-exemple avec le site de la Bastide des Joncas près de Martigues

En fait, toute cette question de la transition digitale est culturelle. Il s’agit pour ces organisations de comprendre que le digital, ce n’est pas simplement un site Internet et une page Facebook mais bien une stratégie intégrée aux objectifs généraux fixés pour l’hébergement (quand il y a une vision & une stratégie), que chaque partie est un outil spécifique.
En fait, c’est une meilleure culture entrepreneuriale qui doit être apportée à la fois aux responsables de structures mais surtout aux élus, souvent propriétaires des bâtiments. Cette culture entrepreneuriale fera en sorte qu’ils comprennent parfaitement la nécessité et la capacité de rentabilité et de retour sur investissement de ces biens.

Troisièmement, la coopération entre les acteurs.

Souvent, les hébergements collectifs sur un territoire se retrouvent dans leur coin, avec peu d’interlocuteurs pour échanger sur leurs problématiques similaires. Même les réseaux des UNAT ont du mal à créer de véritables dynamiques d’échanges et de bonnes pratiques à l’échelon régional.
C’est pour cela que l’on a vu apparaître des réseaux comme l’AJA en Alsace par exemple, assez innovant qui cherche à regrouper hébergements collectifs et sites de visite en se positionnant en réflexion autour des attentes des clients
(oui, je sais que c’est tabou dans le tourisme social, c’est pour vous taquiner). Nous travaillons sur un réseau dans la même veine dans le département des Deux-Sèvres avec 10 hébergeurs motivés pour optimiser au mieux les ressources. Mais aussi améliorer la visibilité en ligne des hébergements pour mieux les remplir tout au long de la saison et créer des moments de rencontres et d’échanges à la fois en ligne et IRL (In Real Life).

Je vous partagerais des informations complémentaires là-dessus mais cette coopération autour de l’innovation frugale des hébergements collectifs est vraiment intéressante ! Comme quoi, l’innovation n’est vraiment pas purement technologique !

Vous avez le projet de construire un hébergement collectif ? Contactez-nous 

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism & Président Acteurs du Tourisme Durable (A suivre sur Twitter)


Acteurs du tourisme durable : la force de la diversité d’un réseau au service du développement durable du tourisme

Tout seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin.

Se regrouper, rassembler toutes les forces venant d’horizons professionnels les plus divers possibles. Voilà quel était mon objectif premier quand j’ai repris la présidence de l’association Acteurs du Tourisme Durable en 2014 (ATD). Je faisais suite au créateur et au super développement du réseau par Matthieu Duchesne en 2011.

Derrière cette volonté de court terme, la vision à très long terme était claire et relativement simple sur le papier : Faire en sorte qu’à l’avenir, on ne parle plus de tourisme durable mais simplement que l’ensemble de l’industrie intègre les enjeux et les engagements transversaux en matière de développement durable que ce soit les privés, les collectivités ou les gouvernements.

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Début de l’extension du réseau

Très vite, nous nous sommes réunis avec les autres réseaux et acteurs engagés en matière de tourisme durable en France. ATR (Agir pour un Tourisme Responsable), ATES (Association du Tourisme Equitable & Solidaire), Voyager Autrement du groupe Vacances Bleues, Viatao, le magazine A/R de Sandrine Mercier, Evea Tourisme, etc.

Puis, nous avons décidé ensemble d’une stratégie pour atteindre cet objectif ultime. Pour cela, nous devions rassembler TOUTES les forces, tous les acteurs, petits et grands, privés et publics, hyper convaincus ou simplement curieux & prêts à s’engager pour capitaliser sur la multitude.  Nous nous fondons donc sur toutes les expériences et bonnes pratiques de nos futurs membres adhérents.

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Arrêt sur image

Aujourd’hui, 2 ans après, le réseau Acteurs du Tourisme Durable regroupe près de 100 membres au sein de 4 collèges d’acteurs :

  • Producteurs et distributeurs de voyages (agences de voyages & tours opérateurs,
    plateforme, OTA, etc.)
  • Réceptif (hébergements, prestataires de loisirs, agences réceptives France, etc.)
  • Territoires & destination (Collectivités, offices de tourisme, ADT, CRT, etc.)
  • Information et services aux entreprises (consultant, formateur, médias, etc.)

Ainsi, nous sommes fiers aujourd’hui de regrouper à la fois les principaux réseaux d’opérateurs émetteurs (envoyant des voyageurs à l’international) comme l’ATES ou ATR mais également des tour-opérateurs engagés comme Voyager Autrement ou Transat France.

Les membres réceptifs

Côté structures réceptives, des réseaux d’hébergements comme Gîtes de France, VVF Villages, Pierre & Vacances Center Parcs ou des start-up comme WideTrip nous ont rejoints ces derniers mois mais aussi Club Med, le Groupe Barrière, le Solar Hotel à Paris, les Orangeries à Lussac les Châteaux ou encore le Camping de la Fontaine du Hallate en Bretagne. Des destinations comme la Ville de Paris, le CRT Bretagne ou le CDT du Gers sont membres désormais. Et enfin, côté B2B / Médias, nous comptons des structures comme la FFTST, le magazine A/R, le portail Voyageons-Autrement.com ou encore Evea Tourisme & ID-Tourism, mon bureau d’ingénierie.

Retrouvez ici tous les membres de l’association ATD.

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Un réseau d’entraide pour une démarche de développement durable

J’imagine qu’en voyant certaines structures, des personnes vont se lever pour crier haut et fort au Greenwashing. Or, j’assume complètement cette prise de position car nous ne sommes en rien un label ou une certification. Nous sommes simplement un réseau global de professionnels qui souhaite s’améliorer, apprendre, co-construire les solutions d’avenir en s’appuyant sur les expertises et bonnes pratiques de chacun !

Nous apportons ainsi à nos membres ce qu’ils viennent y chercher, c’est-à-dire des solutions et des contacts en open source pour améliorer leur programme de développement durable au sein de leur organisation que ce soit sur les questions de lutte contre le changement climatique, de préservation de la biodiversité, d’un meilleur impact économique local, des questions d’accessibilité ou encore du bien-être des salariés, tous les points reconnus dans les Critères Mondiaux du Tourisme Durable.

A l’aube de 2017, année internationale pour le Tourisme Durable comme facteur de développement, nous croyons plus que jamais à l’engagement de nos membres et à l’effet boule de neige afin de regrouper autour d’une même grande table toute cette diversité d’acteurs afin de construire le tourisme de demain, c’est-à-dire respectueux des Hommes & de la Planète.

Les événements à venir

A partir de septembre, Acteurs du Tourisme Durable, grâce à l’incroyable travail de Sara, sa coordinatrice et au soutien de la Région Île-de-France, nous vous préparons plusieurs projets importants :

  • Lancement des Victoires du Tourisme Durable en septembre

    Les Trophées du Tourisme responsable organisés par Voyages-sncf.com entre 2007 et 2012 fût un succès. Cela avait permis de développer la notoriété du tourisme responsable en France auprès du grand public en mettant en lumière les bonnes initiatives des professionnels. Nous sommes convaincus qu’un évènement de ce type doit renaître car c’est dans les solutions que nous arriverons à convaincre l’ensemble des professionnels à se bouger sur les enjeux du développement durable. Lancement des candidatures en septembre. Soirée de remise des Victoires en janvier 2017 !

  • Mise en ligne d’une campagne d’image sur le tourisme durable

    Des vidéos courtes, positives, dynamiques pour montrer à tout le monde, professionnels et grand public, que le tourisme durable n’est pas synonyme de dormir dans les arbres ou marcher dans le désert. A travers la participation de nos adhérents et de blogueurs voyage, nous présenterons que le tourisme durable est synonyme de fun, d’expérience et d’émotions ! Voici quelques teasing sur Facebook en suivant notre équipe de réalisateur Lolo & Flo des CoFlocs.

  • Organisation des 2èmes Universités du Tourisme Durable

    Les 24 et 25 novembre prochain à Vannes en partenariat avec le CRT Bretagne : suite à la réussite des 1ères Universités en 2015 à Paris, nous relançons le concept en se délocalisant en Bretagne. 2 jours de rencontres avec une journée dédiée aux débats, table rondes et autres networking. En jour 2, la possibilité d’aller découvrir les initiatives locales autour de Vannes et du Golfe du Morbihan. N’oubliez pas de réserver vos places !

 

Et enfin, je vous invite à découvrir notre nouveau site Internet. Il aura la vocation de récolter les bonnes pratiques de nos membres et de les partager aux autres afin que chacun puisse apporter ses idées et expériences aux autres au service d’une industrie du tourisme plus durable.

Et si ça vous intéresse de devenir membre, c’est très simple. Voilà les infos, tarifs et bulletin à nous envoyer.

Au plaisir de discuter bientôt avec vous et de vous retrouver avec nous au sein d’Acteurs du Tourisme Durable.

Guillaume Cromer, Président Acteurs du Tourisme Durable & Directeur ID-Tourism

Vous voulez mettre en place une stratégie et en apprendre plus sur le développement durable ? C’est ici


L’Inclusive Business dans le tourisme

Inclusive Business, kesako ?

L’Inclusive Business, c’est un concept pouvant s’intégrer à des initiatives entrepreneuriales qui cherchent à construire des liens entre les entreprises et les communautés à faible revenu, liens qui se doivent d’être bénéfique aux deux parties.

Aujourd’hui, près de 2/3 de la population mondiale vit en situation de pauvreté, avec un manque généralisé d’accès aux services de base. Par ailleurs, le secteur des entreprises est largement reconnu comme un acteur clé de lutte contre la pauvreté dans le monde. L’Inclusive Business permet donc d’intégrer ces communautés à faible revenu au sein même de la chaîne de valeur de l’entreprise tout en permettant à cette dernière de suivre son objectif de dégager des profits.

L’idée de ce cercle vertueux est de permettre aux communautés à faible revenu de développer leurs compétences au profit de produits et de services, simples, facilement identifiables par les entreprises.

Ainsi, dans de nombreux secteurs d’activité, des modèles d’Inclusive Business ont déjà été menés. En agriculture, certains projets de commerce équitable s’appuyant sur les communautés locales à faible revenu ont permis de structurer les réseaux de petits producteurs et d’avoir ainsi un accès à l’exportation (Exemple : Max Havelaar). Dans le même secteur, il est possible de créer des projets similaires avec des coopératives laitières au profit des petits producteurs, que ce soit dans les pays du Nord ou dans les pays du Sud (cf Candia – Oui aux petits producteurs

Il est également possible de le voir plus en aval avec la grande distribution qui se met à intégrer ce modèle, développant des contacts directs avec certains producteurs à faible revenu, limitant les intermédiaires et réduisant ainsi les coûts pour les consommateurs.

 

Or, quelles différences avec la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) ?

La RSE est l’intégration volontaire par les entreprises d’une stratégie de développement durable qui doit permettre de trouver un équilibre pour l’entreprise et l’ensemble des parties prenantes entre les 3 piliers économique, social et environnemental. C’est donc une vision très globale qui peut intégrer, pour certaines entreprises, cette vision du modèle « Inclusive Business ». Cela dépend de la nature des produits et services réalisés et des caractéristiques des parties prenantes.

 Les entreprises ayant un lien direct ou indirect avec des communautés à faible revenu peuvent réfléchir à l’intégration de ce modèle et en analyser les potentialités et opportunités.

 

Quid du tourisme ?

Le tourisme est une industrie multisectorielle représentant aujourd’hui 9,3% du PIB mondial. Les exportations du tourisme représentent plus de 30% des exportations mondiales de services commerciaux et 6% des exportations de biens et de services. En 2010, l’économie globale du secteur a pourvu à plus de 235 millions d’emplois directs, ce qui représente environ 8% du nombre total d’emplois dans le monde. Les femmes représentent entre 60 et 70% de la main d’œuvre et la moitié de cette main d’œuvre à moins de 25 ans. On peut dénombrer également près de 400 millions d’emplois indirects à travers le secteur.

Entre 1998 et 2008, les arrivées de touristes dans les PMA (Pays les Moins Avancés) ont triplé, affichant un taux moyen de croissance record de 13%.

30 des 49 PMAs ont misé sur le tourisme en tant que secteur important de croissance et de développement. Enfin, le tourisme représente la principale exportation de services dans les PMAs, soit 33% de leurs exportations et 65% pour les pays insulaires.

Le secteur du tourisme et ses composantes informelles procurent ainsi un grand nombre d’emplois aux travailleurs ayant peu ou pas de formation scolaire. Ils peuvent offrir des débouchés aux personnes qui souffrent d’un grave désavantage social ou d’un déficit de compétences, alors que d’autres milieux de travail n’offrent pas toujours de telles possibilités.

 

Du tourisme durable ? Du tourisme communautaire ? Du tourisme pro-pauvre ?

Ces 15 dernières années ont vu apparaître de très nombreuses formes et concepts de tourisme dit durable ou intégrant une logique de développement durable comme le tourisme responsable, l’écotourisme, le tourisme éthique, le tourisme équitable, le tourisme solidaire, le tourisme participatif, le volontariat, le tourisme communautaire ou indigène ou encore le tourisme dit pro-pauvres.

Ces nombreux concepts cachent des réalités et des méthodologies bien différentes dans la conception et l’intégration des problématiques économiques, sociales et environnementales auprès des parties prenantes.

Intéressons-nous ici plus aux concepts qu’aux nouvelles formes de tourisme que ce sont l’écotourisme, le tourisme équitable et solidaire, le volontariat ou le tourisme participatif.

Les tourismes dit communautaire (« Community-based tourism » en anglais) et dit pro-pauvre (« Pro-poor tourism ») sont des concepts largement utilisés depuis ces dernières par certaines institutions internationales et autres agences de coopération internationale pour utiliser le tourisme comme un outil de lutte contre la pauvreté dans les pays les moins avancés particulièrement.

Le tourisme communautaire est un concept qui met la communauté local d’accueil au cœur du projet touristique. C’est elle qui va gérer, développer et promouvoir une offre touristique basée sur les patrimoines naturels, culturels et humains du territoire. La communauté va donc s’organiser (au sein d’une association, d’une ONG ou d’un groupement économique), définir les rôles de chacun des habitants et transformer les connaissances et les compétences de chaque individu en prestation de services pour les touristes (organisés ou non).

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Le concept de tourisme pro-pauvre a été développé par trois universitaires anglais en avril 2001 à travers un rapport publié sous le nom « Pro-Poor Tourism Strategies : Making Tourism Work for the Poor », réalisé avec la collaboration de l’ODI (Overseas Development Institute), l’IIED (International Institute for Environment & Development) et le CRT (Center for Responsible Tourism). 6 études de cas ont ainsi été analysées en Afrique du Sud, en Namibie, en Ouganda, au Népal, à Sainte Lucie et en Equateur.

L’analyse de ces études de cas a montré que les projets pouvaient générer localement de nouvelles opportunités et des bénéfices pour les plus pauvres. En revanche, la difficulté de l’analyse a été marquée par le fait que les projets étaient très différents les uns des autres car les concepts précis peuvent différer. Ils s’agissaient d’appuis techniques et financiers d’ONG local ou internationale, de méthodes de tourisme dit communautaire (Namibie, Ouganda), de petites ou grandes agences réceptives ou encore de programmes d’aide et de développement mis en place par les régions ou les Etats.

Les auteurs ont néanmoins précisé 3 types de stratégies différentes :

Il est également précisé que l’ensemble des parties prenantes ont un rôle clé à jouer pour développer ce concept, que ce soit le secteur privé, les gouvernements locaux et nationaux, les communautés à faible revenu, les ONG ainsi que les donateurs.

Enfin, les 4 facteurs clés de succès pour la réussite de projets de tourisme pro-pauvres sont précisés ainsi :

– Permettre aux pauvres d’accéder au marché (localisation géographique, contraintes sociales – castes par exemple, élites économiques – liens avec les tour-opérateurs puissants) ;

– Viabilité économique des projets (qualité des prestations et prix, marketing, intérêt de la destination pour les touristes, etc.)

– Cadre politique (foncier, contexte réglementaire, planification, capacité et volonté du gouvernement sur ces questions, etc.)

– Défis de mise en œuvre dans le contexte local (combler le fossé des compétences, gestion des coûts et des attentes, maximiser la collaboration entre les parties prenantes.

 

Vers un « inclusive tourism business » ?

En comparant ces différentes procédures et concepts, il apparaît clairement que l’Inclusive Business appliqué au secteur du tourisme est une procédure appliquée du concept de Pro-Poor Tourism développé par les universitaires anglais. Le tourisme communautaire est lui en revanche un exemple d’Inclusive Business en permettant à des communautés locales à faible revenu de proposer des prestations à des entreprises comme des tour-opérateurs étrangers, améliorant ainsi leurs conditions de vie et valorisant leurs patrimoines locaux.

En revanche, nous ne pouvons pas dire que le tourisme communautaire est la seule forme appliquée du concept d’Inclusive Business dans le secteur du tourisme.

Il faut bien comprendre que le secteur du tourisme comprend non pas uniquement le tour-operating, mais également l’hébergement, la restauration, l’artisanat, l’aérien, etc.

Ainsi, plusieurs modèles d’Inclusive Business peuvent être développés dans le secteur du tourisme :

– Le tourisme communautaire :

Comme nous l’avons vu précédemment, le tourisme dit communautaire peut être un outil de lutte contre la pauvreté en intégrant un modèle d’inclusive business, mettant ainsi en relation des communautés locales, transformés en prestataires de services touristiques auprès d’agences de voyages basées dans le pays d’accueil (réceptif) ou dans les pays émetteurs de touristes (tour-opérateurs). Les populations proposent ainsi des services de guides, de restauration, de transports, de locations d’animaux de bâts ou à monter, d’hébergement chez l’habitant, etc.

– Le tourisme équitable et solidaire :

Des tour-opérateurs français proposent aujourd’hui de partir à la rencontre des populations locales avec une offre de voyages centrés sur ce partage. Il s’agit principalement de membres de l’ATES (Association pour le Tourisme Equitable et Solidaire). Le concept est de travailler directement avec les prestataires comme dans le commerce équitable, évitant ainsi les intermédiaires, ce qui permet de payer équitablement les populations rencontrées. Outre cet aspect, un fonds de développement local est créé à partir d’un pourcentage de l’argent payé par les clients pour permettre aux communautés locales de réaliser un projet de développement qui va bénéficier à l’ensemble de la communauté locale, comme par exemple la construction d’un puits, d’un école ou d’une case de santé.

– Les politiques d’achat responsable dans les hôtels :

L’une des caractéristiques principales d’une stratégie de développement durable ou RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise) pour un hôtel est d’intégrer une politique d’achat responsable. Cette politique permet à l’hôtel de s’approvisionner auprès de fournisseurs dans une démarche éco-responsable, c’est-à-dire en réduisant les impacts environnementaux et en améliorant les impacts sociaux pour les parties prenantes (fournisseurs, clients, salariés, etc.). C’est dans cette vision-là qu’une société d’hébergement peut intégrer un modèle d’Inclusive Business. Elle peut ainsi orienter ses achats de produits alimentaires, d’artisanat, de mobilier, de décoration et de construction auprès de populations environnantes offrant ces produits et services.

Les politiques d’intégration des hôtels sur leur territoire :

Dans le cadre d’une stratégie de développement durable d’un hébergement, il y a la possibilité d’aller encore plus loin que la politique d’achat responsable. Par exemple, un hôtel a la possibilité de s’intégrer le mieux possible au territoire d’accueil, que ce soit au niveau économique, social ou environnemental dans une vision d’Inclusive Business. Ainsi, un hôtel peut décider d’orienter son recrutement vers les populations environnantes et ainsi mettre en place un système de formation initiale. L’hôtel y gagnera en qualité de services, en gestion de sa politique de recrutement et en diminution des conflits possibles entre les touristes étrangers et les populations locales. Un même travail peut être réalisé en appuyant des ONG internationales (Agrisud par exemple) qui appuient les populations locales dans la création et la gestion de micro-entreprises agricoles, capables de générer ensuite des produits adaptés au besoin de l’hôtel. Enfin, un hôtel peut également appuyer la création de projets environnementaux autour du site qui auront un impact direct sur la qualité de l’établissement et l’amélioration des conditions de vie des populations. C’est le cas par exemple de la gestion des déchets (création d’usine de retraitement des déchets pour l’hôtel et son territoire), de la propreté des plages et des jardins ou encore de la gestion d’énergies renouvelables.

En conclusion, le concept d’Inclusive Business dans le secteur du tourisme n’est pas connu en tant que tel mais a déjà été abordé par des universitaires dans sa théorie globale ou par des agences de coopération dans son application concrète.

Il existe de nombreuses voies intéressantes à développer pour faire intégrer ce concept au sein des entreprises touristiques de toutes sortes, ayant conscience de l’intérêt du développement durable pour l’ensemble de leurs parties prenantes.

Nous sommes encore dans un domaine en recherche d’innovation ou les exemples sont encore trop rares et méritent d’être développés pour un tourisme de qualité, aux conséquences positives pour les territoires, les Hommes qui y vivent et ceux qui les visitent.

Guillaume CROMER, directeur gérant ID-Tourism, expert en tourisme durable

ID-Tourism est un cabinet d’ingénierie touristique et marketing fortement positionné sur les problématiques du tourisme durable. Il est dirigé par Guillaume CROMER, expert reconnu en tourisme durable en France et à l’international. Guillaume CROMER est également administrateur de la Coalition Internationale pour un Tourisme Responsable et  membre actif de l’association Acteurs du Tourisme Durable.