[Interview Cécile Gibert] Image de marque, dress code & développement durable

Et si l ‘image d’une marque, par son engagement en matière de développement durable, se traduisait dans toutes les actions de l’entreprise tout en pensant toujours l’intérêt pour le client? Et dans ce sens, comment pourrait-on imaginer le travail autour du dress code des collaborateurs? Voilà les questions que je me suis posées en discutant avec Cécile Gibert, entrepreneure. Voilà en quelques lignes le retour sur nos échanges.

 

Rencontre avec Cécile Gibert, CG Style

Au printemps, je me rendais chez Neocamino à Lyon avec qui je travaille sur l’amélioration de mon SEO. C’est alors que Camille me présentait Cécile Gibert, une entrepreneure avec un projet intéressant qui faisait beaucoup de liens avec les enjeux transversaux du développement durable et de l’expérience client dans le tourisme.

Cécile Gibert, CG Style

Cécile, c’est une momtrepreneur. 3 enfants et une énergie absolue pour développer son projet d’entreprise après avoir bossé 4 ans chez L’Oréal Luxe International puis consultante en image personnelle et professionnelle par intérêt pour ce métier avec lequel elle a pu travailler, dès le début, avec des grands comptes comme Orange & Malakoff Médéric.

Ingénieur designer de formation et passionnée par les questions d’image de marque, elle a alors monté CG Style, un cabinet spécialisé sur l’image de marque et principalement sur la conception de dress codes professionnels, service assez original que je n’avais pas vu auparavant dans mes veilles.

Avec Cécile, nous avons justement parlé de la cohérence entre le positionnement d’une marque, son engagement sur l’ensemble de la chaîne de valeurs de l’entreprise et bien sûr l’expérience client. Pour Cécile, c’est « même indispensable ». Selon elle, « nous cherchons à vivre des expériences au-delà d’obtenir un service. Prenons par exemple un hôtel, Nous n’achetons plus une nuit à l’hôtel, nous vivons une expérience, nous entrons dans un univers le temps d’un séjour. De l’accueil à la réception jusqu’au parcours à la chambre puis au restaurant, l’expérience doit être pensée à l’avance si on la souhaite parfaite. La décoration, l’architecture, les produits vont jouer pour beaucoup. Mais …. pensons-nous à cette personne qui nous y conduit ? Qui nous accueille ? Cette personne est LE vecteur de communication que nous retiendrons le plus !!

 

Les valeurs d’une marque et la cohérence du dress code

C’est là où elle a imaginé l’importance aussi du dress code des équipes qui doit véhiculer les valeurs de la marque. On n’y pense pas forcément mais le dress code ne doit pas être uniquement fonctionnel, il doit parler à tous.

Consciente que cette partie était souvent passée au second plan ou négligée par les entreprises, souvent faute de ressources en interne, elle a créé ce service clé en main. Cécile audite les équipes. Elle crée, propose, développe et suit la production avant de tester sur le terrain en analysant le retour des équipes.

 

Ce que j’ai trouvé vraiment intéressant dans cette proposition, c’est qu’il y a un double gain. D’une part, c’est un excellent moyen de fédérer et de motiver les équipes en interne autour d’un projet sympa et positif qui va leur être totalement bénéfique. On peut même le rattacher à tout ce qui se raconte autour du bien-être et du bonheur au travail. D’autre part, cela sert au maximal l’expérience client car on voit bien la cohérence des engagements, des valeurs de l’entreprise.

Cécile partage parfaitement cette vision-là. Elle m’explique :  « Grâce à l’audit que je mène en amont de la création, qui est la phase indispensable du projet : je me fonds avec les équipes, je les écoute je les prends en considération. Je les suis partout, je fais leurs tâches. C’est un « Vis ma vie ». Ainsi, ils se sentent respectés, ils ne craignent pas un uniforme non adapté à leurs tâches quotidiennes. Ils savent que leur entreprise a pris le parti de ne pas choisir un uniforme catalogue. Quand le dress code sort, cela génère de la fierté, de l’appartenance à la marque. Car ils ont fait partie du processus. »

 

Et l’engagement en matière de développement durable?

Pour finir, j’étais obligé de poser une question sur les enjeux en matière de développement durable car je me dis que si des entreprises s’intéressent à ses salariés en les impliquant dans la réalisation de leur dress code, c’est déjà une action de RSE (Responsabilité Sociétale de l’Entreprise). Cécile valide cette vision. En réalisant l’audit de départ, elle va vite comprendre les engagements. A partir de là, elle va faire des propositions qui vont dans le sens du développement durable. « Je proposerais des pistes de style cohérentes avec les métiers des équipes que j’aurais observées et les valeurs de la marque. Je proposerais très certainement une gamme de tissus recyclés ou issus d’agricultures raisonnées, des couleurs à pigments naturels, des propositions de circuits courts de production et de livraison sur le terrain, un système de nettoyage écologique et malin au quotidien, des ré-assorts qui impliqueraient de ré-utiliser les anciennes pièces. »

Son récent travail avec la nouvelle marque OKKO Hôtels va complètement dans ce sens-là. Et l’entreprise assume également ses engagements en matière de développement durable! A suivre.

Encore merci à Cécile pour cette rencontre et à très vite pour travailler ensemble auprès d’autres acteurs du tourisme et de l’hôtellerie en France ou ailleurs.

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism (Suivez moi sur Twitter, sur LinkedIn & sur Youtube !)


La techno au service de la sécurité des touristes face aux catastrophes naturelles

Ce matin, je prenais la parole lors du Café LabLaboo à La Paillasse,

Ce BioHackerSpace situé rue Saint Denis à Paris pour le projet #HAND. Pour les non-initiés, cette première phrase de l’article ne doit vraiment pas vous parler et cela peut se comprendre, rassurez-vous !

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Il y a quelques mois, je rencontrais Jean Karinthi puis Gaël Musquet. Ce sont des activistes qui avaient pour projet de faire de la prévention des populations locales dans les Antilles face à de forts risques de tsunami en hackant les
services de télécommunications locales, en recréant rapidement des ponts wifi dans le seul but de sauver les habitants des îles. Des populations locales qui se prennent en main sans l’aide des élus et autres collectivités pour trouver des solutions rapides. Pragmatisme & efficacité.

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Le dernier tsunami au Japon…

#HAND et ID Tourism

De mon côté, j’ai toujours eu un attrait pour les hackers, les activistes. Je ne suis pas vraiment un techos mais j’ai quelques idées et surtout je peux réussir à connecter les gens, les énergies pour avancer sur des défis environnementaux et sociétaux en lien avec le tourisme. Nous avons donc échangé avec les « têtes » du projet CaribWave bientôt intégré à un projet plus vaste appelé #HAND pour Hackers Against Natural Disasters. L’idée
de base était de trouver un moyen de prévenir et de sauver les habitants mais que fait-on des populations de passages, des voyageurs, des touristes. Quand on est dans un autre pays et qu’une catastrophe naturelle arrive, que peut-on faire. On est encore moins informé que les habitants. On doit forcément s’appuyer sur les tour-opérateurs, hébergeurs pour savoir quoi faire…

Or, en creusant dans les démarches développement durable et RSE des opérateurs touristiques, hébergeurs ou autres destinations, il est rarement question d’intégrer ces enjeux-là alors que l’on parle de la sécurité des voyageurs, des clients ! Quand je vois ce qui a pu se passer en Indonésie et dans tous les pays bordant l’Océan Indien lors du Tsunami de 2004 mais aussi les trekkeurs bloqués lors du tremblement de terre d’il y a 2 ans au Népal et même la dernière crue de la Seine qui a dû faire paniquer quelques touristes…

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La dernière crue de la Seine… 14 morts.

On parle régulièrement des enjeux de tourisme sexuel impliquant les enfants par exemple dans les politiques RSE des tour-opérateurs ou des compagnies aériennes avec des relais associatifs comme ECPAT. Je me dis alors qu’il y a un enjeu fort en matière de tourisme durable là sur lequel je vais pouvoir apporter ma pierre… Je ferais le lien avec les acteurs du tourisme pour ce projet #HAND.

Comment donc limiter les risques ?

De manière pragmatique, il s’agit déjà de réfléchir à la manière de pouvoir informer le voyageur quand il y a un risque de tsunami ou une autre catastrophe naturelle. Il faut donner l’information des choses à faire (et à ne pas faire) le plus rapidement possible. Il faut aussi indiquer les endroits pour se mettre en sécurité. Bien sûr, pour cela, il faut préparer le terrain, informer le voyageur en amont sur l’existence d’un site, d’une application, de risques dans la destination visitée (sans être anxiogène). Pour cela, j’imagine l’implication des conseillers des tour-opérateurs par exemple. Nous pouvons aussi penser à l’intégration de l’information dans les carnets de voyage (papier ou digital) mais aussi des spots dans les avions à destination de zones à risques et des flyers dans les hôtels ainsi qu’une formation des personnes à l’accueil.

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Voilà, ma mission dans ce projet se positionne à ce niveau-là. Premier test en Martinique et en Guadeloupe du 17 au 24 mars prochain. 

Vous êtes un hôtel, un tour-opérateur proposant ces destinations, un GDS (Amadeus?) ? Ou encore un assureur, une compagnie aérienne, un prestataire de service dans ces îles et ce projet vous intéresse : contactez moi pour collaborer !

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Ca vous intéresse, suivez le projet #HAND sur Twitter!

Au plaisir d’échanger,

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism


Tourisme social – L’Humain au service du renouveau des hébergements collectifs ?

Concours de circonstances depuis quelques semaines. Je travaille, en effet, de manière parallèle sur 3 missions en lien avec le tourisme social et la recherche d’innovation digitale. Ces missions ont aussi des enjeux sociaux et organisationnels et réparties dans différentes régions de France.

En travaillant en direct avec de nombreux hébergements collectifs, j’ai pu me rendre compte que l’image générale
perçue par le grand public n’allait pas forcément de pair avec la réalité. Le potentiel des hébergements collectifs et autres acteurs du tourisme social et solidaire était , par ailleurs, sous-développé surtout au regard des dernières annonces des Airbnb & co.

Château de la Roche à Cerizay (79) membre du réseau des hébergements collectifs en Deux-Sèvres

Le tourisme social & solidaire ?

Oui, vous savez ! C’est ce concept très français qui a pour vocation de favoriser l’accessibilité du tourisme pour tous. Cela permet ainsi de voir le tourisme comme un outil au service du développement personnel, de l’éducation populaire et de l’ouverture sur l’Autre. Sacrément pertinent à l’heure actuelle !

Malheureusement, les acteurs du tourisme social en France se sont longtemps assoupis dans leur développement.
Pour beaucoup, cette assouplissement était par manque de vision stratégique & entrepreneuriale, de compréhension de l’évolution de leurs publics. Assoupissement dû aussi à leur lien direct avec des collectivités locales (ce qui, avouez le, n’aide pas vraiment à être au pied du mur pour innover).

Et si un secteur s’endort trop longtemps, des opportunistes arrivent… Ca a été clairement le cas dans le milieu hôtelier puis celui des auberges de jeunesse et maintenant, petit à petit, dans le monde des séjours de jeunes, classes de découvertes ou autres colonies de vacances.

Et quand on voit le vrai renouveau des auberges de jeunesse dans les villes, on ne peut que penser que le secteur des hébergements collectifs a du potentiel surtout qu’il est porteur de valeurs fortes qui répondent totalement aux enjeux actuels de la société… SlowTravel, Circuits Courts, Retour à la nature, Convivialité, Dimension humaine & Excellent rapport Expérience / Prix…. Mais alors, que manque-t-il ?!

Auberge de jeunesse les Piaules à Paris

Premièrement, une vision et un soutien politique fort.

Il faudrait bien entendu un soutien politique de la part des élus locaux, souvent propriétaire des hébergements afin d’y voir des vrais sources de retour sur investissement directs et indirects pour le territoire. Or, pour cela, il faudrait que ces élus aient une vraie compréhension et une vision sur le tourisme, non pas uniquement sociale (et donc de l’accessibilité du voyage pour tous) mais bien plus large, un outil au service de l’attractivité et du développement du
territoire. Au niveau national aussi, le gouvernement aurait tout intérêt à rendre le cadre de soutien et d’investissement beaucoup plus clair & transparent. Les aides potentielles de la DGE ou de la Caisse des dépôts
manquent clairement de clarté à ce jour.

Deuxièmement, la transition digitale & l’innovation.

Les hébergements collectifs ont, pour la plupart, un retard important sur la question de la transition digitale, que ce soit sur les outils  de travail au quotidien ou encore sur les outils de promotion et de commercialisation. Souvent, j’ai l’impression que les réseaux de marque jouent plus un rôle d’OTA pur rendant plutôt les hébergeurs dépendants et les obligeant à déléguer leurs présences web & stratégie webmarketing au réseau (un peu comme Booking au départ…).

Un beau contre-exemple avec le site de la Bastide des Joncas près de Martigues

En fait, toute cette question de la transition digitale est culturelle. Il s’agit pour ces organisations de comprendre que le digital, ce n’est pas simplement un site Internet et une page Facebook mais bien une stratégie intégrée aux objectifs généraux fixés pour l’hébergement (quand il y a une vision & une stratégie), que chaque partie est un outil spécifique.
En fait, c’est une meilleure culture entrepreneuriale qui doit être apportée à la fois aux responsables de structures mais surtout aux élus, souvent propriétaires des bâtiments. Cette culture entrepreneuriale fera en sorte qu’ils comprennent parfaitement la nécessité et la capacité de rentabilité et de retour sur investissement de ces biens.

Troisièmement, la coopération entre les acteurs.

Souvent, les hébergements collectifs sur un territoire se retrouvent dans leur coin, avec peu d’interlocuteurs pour échanger sur leurs problématiques similaires. Même les réseaux des UNAT ont du mal à créer de véritables dynamiques d’échanges et de bonnes pratiques à l’échelon régional.
C’est pour cela que l’on a vu apparaître des réseaux comme l’AJA en Alsace par exemple, assez innovant qui cherche à regrouper hébergements collectifs et sites de visite en se positionnant en réflexion autour des attentes des clients
(oui, je sais que c’est tabou dans le tourisme social, c’est pour vous taquiner). Nous travaillons sur un réseau dans la même veine dans le département des Deux-Sèvres avec 10 hébergeurs motivés pour optimiser au mieux les ressources. Mais aussi améliorer la visibilité en ligne des hébergements pour mieux les remplir tout au long de la saison et créer des moments de rencontres et d’échanges à la fois en ligne et IRL (In Real Life).

Je vous partagerais des informations complémentaires là-dessus mais cette coopération autour de l’innovation frugale des hébergements collectifs est vraiment intéressante ! Comme quoi, l’innovation n’est vraiment pas purement technologique !

Vous avez le projet de construire un hébergement collectif ? Contactez-nous 

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism & Président Acteurs du Tourisme Durable (A suivre sur Twitter)


Tourisme & Climat : Stations de montagne recherchent neige désespérément

Cela doit bien faire la troisième année consécutive que la neige se fait attendre dans les stations de montagne pour les vacances de Noël.
Les impacts du changement climatique sont de plus en plus fragrants. Ils décalent la saison hivernale et poussent les stations à être de plus en plus agiles, réactives, en mode start-up.

Concrètement, que fait-on ?

Le week-end dernier, les 17 & 18 décembre, la station de La Clusaz accueillait une étape de la Coupe du Monde de Ski de Fond… sans neige. Pour éviter l’annulation (et le risque potentiel de voir la Fédération Internationale de Ski ne plus faire de compétition prochaine sur la station), La Clusaz a mis toute son énergie pour créer une piste avec
les restes de neige tombées mi-novembre et la glace du lac d’à côté pour créer une sous-couche protectrice. Au final, la manche de Coupe du Monde fut maintenue dans une ambiance sans neige assez particulière. Le public était également au rendez-vous pour le plus grand plaisir des professionnels du tourisme et de l’hôtellerie.

Quelques jours avant …

Quelques jours avant cet événement sportif, je prenais la parole sur un webinaire organisé par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). En particulier sur le Programme cadre décennal sur le tourisme durable que l’on nomme 10 YFP dans le jargon. Le sujet : Pour une transition des aménagements des zones touristiques côtières et de montagne suite aux impacts du changement climatique.

Pendant que j’échangeais avec Gérard Ruiz, l’expert sur le tourisme dans les espaces insulaires et côtiers, je repensais à cet événement de La Clusaz. Habitant désormais au cœur des Alpes à Grenoble, je constate que ce manque de neige autour de moi a un impact sur l’économie. Quelques jours après l’épreuve de coupe du monde, Kilian Jornet, le fameux trailer catalan, écrivait ce post sur sa page Facebook.

Il posait LA bonne question : Faut-il s’adapter à la nature ou adapter la nature pour nous ?

Bien sûr, ici, nous parlons des sports de glisse en hiver mais au final cette question pourrait être généralisée à toutes les activités, tous les secteurs, industries, entreprises, etc.

Pendant le webinaire du PNUE (Retrouvez le sur Youtube), je présentais justement cette double nécessité face aux enjeux du changement climatique : adaptation & atténuation. Le tourisme de manière générale mais surtout en montagne, ce double objectif est nécessaire. D’un côté, les stations de montagne se doivent d’être exemplaires sur les questions d’atténuation en commençant tout simplement par réaliser un bilan carbone afin de construire,
avec les différentes parties prenantes du territoire, une véritable politique ambitieuse de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Et cela passe par la question de l’isolation des bâtiments publics et privés, du chauffage,
de l’origine des énergies utilisées, de la réduction et de l’optimisation des consommations énergétiques (Qui a parlé de Smart Grids ?), de la réflexion sur la mobilité douce au sein des stations et sur la mobilité des visiteurs.

Pour travailler sur ces questions :

Il existe aujourd’hui un outil plus que pertinent avec le label Flocon Vert développé par Mountain Riders. Je suis persuadé que ce label sera demain une référence pour les stations en France et en Europe. A la même image que  Pavillon Bleu pour les stations balnéaires.

De l’autre côté, il y a la question de l’adaptation… Et là, on en revient à la réflexion de Kilian Jornet, que doit-on faire ? Car les stations pourraient très bien comprendre l’adaptation en utilisant les innovations, les technologies et les moyens financiers pour développer toujours plus de neige de culture. Element qui serait d’ailleurs soutenu par les pouvoirs publics. Mais n’est-ce pas reculé pour mieux sauter ? Ne faudra-t-il pas à un moment comprendre que les stations devront s’adapter et adapter le comportement de leurs clients à prendre conscience que l’on ne peut pas changer la nature et que bien d’autres activités de sport de montagne sont faisables si la neige manque…

Le cas de Tignes

A la fin du webinaire, je prenais justement l’exemple du fameux projet de Ski (et Surf) Indoor à Tignes nommé
Ski-Line. Ce projet a suscité un avis favorable a été émis le 25 novembre dernier par la commission Unités touristiques nouvelles (UTN) du comité de massif Alpes. Mais il a aussi suscité l’indignation des associations environnementales comme Mountain Wilderness. Ces derniers fustigent le projet : « C’est le stade ultime de l’absurdité. Ce projet est énergivore, consommateur d’eau, à l’opposé du développement durable. Il participe à la mort de la montagne par le réchauffement climatique et à l’artificialisation de la nature », estime Vincent Neirinck, de l’association Mountain Wilderness dans une interview à lire dans Le Parisien.

Pour autant, la Mairie de Tignes, sur son site Internet, veut justement montrer tout l’intérêt du projet sur les plans
sociaux et économiques. Ils soulignent les garanties des impacts environnementaux très faibles. On peut y lire notamment :

Mais au final, que voulons-nous pour l’avenir du tourisme de montagne ? Que voulons-nous pour l’avenir du tourisme ? Et enfin, que voulons-nous pour notre Planète ?

Je pense sincèrement qu’il est nécessaire que nous adaptations nos activités et surtout nos loisirs à la nature. Mais aussi en réduisant nos impacts sur le climat. Nous retrouverons ainsi un meilleur équilibre. A court terme, c’est le besoin d’adapter nos structures pour réduire l’impact de nos activités de loisirs sur le climat. En parallèle, il est vraiment nécessaire d’engager les politiques publiques aux échelles locale, régionale, nationale et européenne pour harmoniser les engagements. Nous éviterons donc la surenchère des stations pour des projets du tout-ski et dans une vision complémentaire, que ces mêmes autorités, poussent les stations à prendre de vrais engagements en faveur du climat. Enfin, le client comprendra qu’il faudra adapter ses activités en fonction de ce que la nature nous apporte. Non en façonnant la montagne et la nature de la manière dont il voudrait. Pour rappel, l’Homme n’a jamais gagné dans ce combat-là. C’est bien la Terre qui restera à la fin…

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism & Président Acteurs du Tourisme Durable (A suivre sur Twitter)

Vous êtes une station qui comprend les enjeux du développement durable et qui veut mettre en place une stratégie ? Cliquez-donc !


ID-Tourism se déploie dans les Alpes !

Le 1er octobre, ID-Tourism aura une nouvelle adresse située à Grenoble.

J’ai décidéune adresse dans les Alpes pour m’éloigner un peu de Paris et retrouver ainsi mes premiers amours, les montagnes, qui me manquent.

Derrière ce déménagement, il y a également une volonté claire de continuer le travail d’ingénierie marketing du tourisme réalisé avec ID-Tourism ! Mais en orientant un maximum de réflexions sur les territoires de montagne et pour trouver les solutions innovantes afin d’amener au développement d’un tourisme plus durable. Comme les îles, les milieux de montagne sont fragiles. Elles nécessitent d’expérimenter de nouveaux modèles touristiques plus équilibrés pour l’ensemble des parties prenantes et pour l’environnement.

Pourquoi Grenoble ?

A Grenoble, je vais m’intégrer à l’écosystème digital / tech local afin de bien comprendre les spécificités, les volontés et les engagements des start-ups alpines. Cela ressemblera à ce que j’ai fait ces dernières années à Paris que ce soit avec le Welcome City Lab ou d’autres organismes. Insuffler l’entrepreneuriat dans le tourisme sera l’un de mes objectifs. Je suis persuadé que cette ville et la région regorge de pépites entrepreneuriales qui n’ont besoin que des bonnes orientations et compréhensions des opportunités dans l’industrie du tourisme pour se révéler !

Sport de Nature et réseautage

Formé à Gap au sein de l’IUP « Métiers de la Montagne » il y a plus de 10 ans, c’est le bon moment pour renouer avec ce milieu que ce soit de manière professionnelle ou personnelle. Rando, escalade, alpinisme, VTT, parapente, snowboard… quel plaisir de revenir pratiquer régulièrement à proximité de chez moi ! Par la pratique, ce sera aussi l’occasion de rencontrer les professionnels. Mais aussi de sentir les nouvelles attentes des pratiquants, d’échanger avec les élus et les techniciens des collectivités. Je pourrais aussi voir la sensibilité des milieux et la nécessité d’un écotourisme fort.

Vers une évolution de l’ingénierie touristique ?

Je le dis souvent mais le métier de l’ingénierie doit évoluer. A travers ce changement, je pense qu’il faudra encore plus repenser l’ingénierie. Toujours plus à la carte, toujours pour en open source afin de donner les clés d’analyse et de solutions au plus grand nombre. L’ingénierie et le consulting, c’est avant tout une volonté de faire changer les choses dans le bon sens. Et l’ingénierie, c’est aussi un parfait outil de veille et de recherche / développement pour comprendre l’évolution des pratiques, des nouvelles attentes des voyageurs et des professionnels.
L’ingénierie au service de l’entrepreneuriat, c’est une de mes visions. Pour changer les choses et donner plus de sens, j’imagine déjà les prémices de la complémentarité entre un service ingénierie et un service développement de solutions. Je vous en parlerais plus en détails en 2017.

L’ingénierie en Montagne

Et bien sûr, derrière l’ingénierie en montagne, il s’agit aussi de rejoindre d’autres professionnels, consultants, experts comme à travers le Cluster Montagne. Ce cluster, est basé à Chambéry et je pourrais enfin me rendre et imaginer des collaborations. Et parmi cela, la capacité de l’ingénierie française du tourisme à exporter ses savoir-faire à l’international à travers le programme French Travel par exemple.

Et ATD ?

Mes engagements associatifs ne s’arrêteront pas. Acteurs du Tourisme Durable aura un nouvel élément dynamique au sein de la région Auvergne Rhône-Alpes. Ainsi, nous développerons le réseau et nous créerons des moments d’échanges entre professionnels. Par ailleurs, mon travail au sein de Mountain Riders pour le développement du label Flocon Vert ne sera que plus efficace.

Au plaisir de vous croiser sur Grenoble à partir de début octobre !

A bientôt,

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism (Suivez moi sur Twitter, LinkedIn et sur Instagram)

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