La techno au service de la sécurité des touristes face aux catastrophes naturelles

Ce matin, je prenais la parole lors du Café LabLaboo à La Paillasse,

Ce BioHackerSpace situé rue Saint Denis à Paris pour le projet #HAND. Pour les non-initiés, cette première phrase de l’article ne doit vraiment pas vous parler et cela peut se comprendre, rassurez-vous !

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Il y a quelques mois, je rencontrais Jean Karinthi puis Gaël Musquet. Ce sont des activistes qui avaient pour projet de faire de la prévention des populations locales dans les Antilles face à de forts risques de tsunami en hackant les
services de télécommunications locales, en recréant rapidement des ponts wifi dans le seul but de sauver les habitants des îles. Des populations locales qui se prennent en main sans l’aide des élus et autres collectivités pour trouver des solutions rapides. Pragmatisme & efficacité.

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Le dernier tsunami au Japon…

#HAND et ID Tourism

De mon côté, j’ai toujours eu un attrait pour les hackers, les activistes. Je ne suis pas vraiment un techos mais j’ai quelques idées et surtout je peux réussir à connecter les gens, les énergies pour avancer sur des défis environnementaux et sociétaux en lien avec le tourisme. Nous avons donc échangé avec les « têtes » du projet CaribWave bientôt intégré à un projet plus vaste appelé #HAND pour Hackers Against Natural Disasters. L’idée
de base était de trouver un moyen de prévenir et de sauver les habitants mais que fait-on des populations de passages, des voyageurs, des touristes. Quand on est dans un autre pays et qu’une catastrophe naturelle arrive, que peut-on faire. On est encore moins informé que les habitants. On doit forcément s’appuyer sur les tour-opérateurs, hébergeurs pour savoir quoi faire…

Or, en creusant dans les démarches développement durable et RSE des opérateurs touristiques, hébergeurs ou autres destinations, il est rarement question d’intégrer ces enjeux-là alors que l’on parle de la sécurité des voyageurs, des clients ! Quand je vois ce qui a pu se passer en Indonésie et dans tous les pays bordant l’Océan Indien lors du Tsunami de 2004 mais aussi les trekkeurs bloqués lors du tremblement de terre d’il y a 2 ans au Népal et même la dernière crue de la Seine qui a dû faire paniquer quelques touristes…

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La dernière crue de la Seine… 14 morts.

On parle régulièrement des enjeux de tourisme sexuel impliquant les enfants par exemple dans les politiques RSE des tour-opérateurs ou des compagnies aériennes avec des relais associatifs comme ECPAT. Je me dis alors qu’il y a un enjeu fort en matière de tourisme durable là sur lequel je vais pouvoir apporter ma pierre… Je ferais le lien avec les acteurs du tourisme pour ce projet #HAND.

Comment donc limiter les risques ?

De manière pragmatique, il s’agit déjà de réfléchir à la manière de pouvoir informer le voyageur quand il y a un risque de tsunami ou une autre catastrophe naturelle. Il faut donner l’information des choses à faire (et à ne pas faire) le plus rapidement possible. Il faut aussi indiquer les endroits pour se mettre en sécurité. Bien sûr, pour cela, il faut préparer le terrain, informer le voyageur en amont sur l’existence d’un site, d’une application, de risques dans la destination visitée (sans être anxiogène). Pour cela, j’imagine l’implication des conseillers des tour-opérateurs par exemple. Nous pouvons aussi penser à l’intégration de l’information dans les carnets de voyage (papier ou digital) mais aussi des spots dans les avions à destination de zones à risques et des flyers dans les hôtels ainsi qu’une formation des personnes à l’accueil.

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Voilà, ma mission dans ce projet se positionne à ce niveau-là. Premier test en Martinique et en Guadeloupe du 17 au 24 mars prochain. 

Vous êtes un hôtel, un tour-opérateur proposant ces destinations, un GDS (Amadeus?) ? Ou encore un assureur, une compagnie aérienne, un prestataire de service dans ces îles et ce projet vous intéresse : contactez moi pour collaborer !

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Ca vous intéresse, suivez le projet #HAND sur Twitter!

Au plaisir d’échanger,

Guillaume Cromer, directeur ID-Tourism


Balade touristique à dos d’éléphants – Stop ou encore?

Le Elephant Trekking ?

Sans doute avez-vous lu en ce début de février qu’un touriste britannique avait été tué par un éléphant en Thaïlande lors d’une balade à dos de l’animal. Cette activité, le « elephant trekking », très populaire en Thaïlande, Cambodge, Népal, Sri Lanka et dans d’autres parties d’Asie, se répand aussi dans certains endroits d’Afrique.

Cet accident nous amène à nous questionner sur cette industrie du tourisme peu respectueuse du bien-être animal.

Le tourisme des éléphants ravit chaque année des millions de touristes en Asie qui, pour quelques selfies, sont prêt à fermer les yeux sur la dure vérité du business d’« elephantourism ».

Une balade à dos d’éléphant serait sans doute moins attrayante si les touristes avaient pleinement conscience de la réalité dissimulée.

Tout sauf équitable et responsable

D’une part, dans de nombreux cas, les bénéfices dégagés par cette activité sont minimes pour les populations locales: l’argent est le plus souvent distribué à l’hôtel ou l’agence de voyage en charge de l’organisation, plutôt qu’aux soigneurs et dresseurs de ces pachydermes.

D’autre part, les besoins fondamentaux de ces animaux exploités par l’industrie touristique ne sont pas respectés. Apprivoiser une telle force de la nature n’est pas chose facile et pour que les éléphants obéissent et se plient à des comportements contre nature, un dressage extrêmement cruel, le « phajaan » est pratiqué, auquel seule la moitié des éléphants survivent.

Bien qu’il soit évident que ces procédés barbares doivent cesser, d’autres questions doivent être prises en compte lorsque le sujet est abordé.

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Il faut s’assurer que les alternatives ne soient pas autant sinon plus nuisibles pour les éléphants.

Un membre de l’ONG Wildlife Friends of Thailand estime qu’étant trop imprévisibles, les éléphants mâles ne devraient simplement pas être utilisés pour le tourisme.

Le début de la fin

Des tours opérateurs tels que Vacances Transat ont cessé de proposer cette activité à leurs clients. Ils ont en effet préféré la retirer de leurs brochures, n’étant pas en adéquation avec leurs valeurs et la politique de responsabilité pour laquelle l’entreprise s’engage depuis des années, à travers notamment le programme de certification Travelife.

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Supprimer tout simplement cette activité serait donc la solution ? Pourquoi ne pas relâcher ces éléphants dans la nature et arrêter leur exploitation ? Ce n’est malheureusement pas aussi simple.

Qui ne coule pas forcément de source …

D’après WWF, au moins 20% de la population humaine vivrait au sein ou près de l’habitat des éléphants d’Asie. Il n’y a pas assez d’espace pour pouvoir relâcher ces éléphants dans de bonnes conditions et leur assurer un développement pérenne. La plus grande menace réside donc dans la perte de leur habitat naturel, l’accroissement continuel de la population humaine en Asie et les infrastructures coupant leurs routes migratoires.

Heureusement, d’autre centres de trekking à dos d’éléphants œuvrent pour la conservation de cette espèce (ou d’espèces encore plus menacées). Des sanctuaires ont été créés afin de recueillir des éléphants maltraités, guérir leurs blessures physiques et mentales et leur fournir un environnement sûr dans lequel ils peuvent se reconstruire. Ainsi, les touristes peuvent interagir avec ces animaux tout en respectant leur besoins.

D’autres alternatives

L’exploitation des animaux au service des touristes ne s’arrête malheureusement pas à celle des pachydermes. Qu’en est-il des Tiger Kingdom et autres attractions touristiques? Entre prendre des selfies avec des tigreaux, assister à des spectacles de dauphins et voir performer des singes dansants, l’utilisation d’animaux pour faire du profit ne connaît pas de limites dans l’industrie touristique.

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L’industrie touristique : une opportunité à préserver

Le tourisme axé sur la faune – tant terrestre que marine – offre des perspectives intéressantes de croissance économique. C’est l’un des rares secteurs de services dans lequel les pays pauvres disposent d’un solide avantage grâce à une base de ressources naturelles souvent abondantes et diversifiées. Cependant, une mauvaise gestion de ces activités peut se solder, à terme, par une réputation détériorée pour l’opérateur touristique et par une diminution des flux touristiques dont l’économie et les populations locales seraient les premières à pâtir.

Si une mauvaise gestion du tourisme peut détruire et anéantir, une gestion durable peut fort heureusement protéger et valoriser.

La protection et la valorisation des sites touristiques et de la faune emblématique doit se faire grâce à une activité touristique orchestrée de manière positive et raisonnée, avec le souci de sensibiliser et d’éduquer les voyageurs.

Selon la Société Mondiale de Protection des Animaux, 85% des touristes déclarent que les tours opérateurs devraient éviter la pratique d’activités malmenant les animaux (seulement ?!?).

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Des solutions existent pour afficher les bonnes pratiques

Les tour-opérateurs ont donc beaucoup à gagner à adopter et à afficher leurs bonnes pratiques, à travers par exemple un accompagnement vers l’obtention d’une certification, telle que Travelife qui intègre le bien-être animal parmi ses nombreux critères, ou encore la rédaction d’une charte de développement durable. L’intégration d’une politique de bien-être animal dans une stratégie plus globale de développement durable est primordiale.

La catégorie « Best Animal Welfare Initiative » organisée par le « World Responsible Tourism Award », apporte une visibilité aux opérateurs touristiques adoptant une approche progressive, durable et éthique pour conserver la dignité des animaux dans, ou à travers le tourisme. L’obtention d’un tel prix permet de se distinguer auprès d’une clientèle existante, pour qui le bien-être animal occupe une place de plus en plus importante lors de la sélection des prestataires touristiques.

Ainsi, les derniers lauréats de ce concours, tels Hetta Husky, peuvent se vanter d’avoir reçu le prix « Gold Award ». Ce prix reconnaît les efforts déployés pour améliorer la condition animale tout en veillant à ce que les touristes mais aussi la population locale soient sensibilisés et éduqués quant à l’importance d’adopter une pratique touristique durable

Et si, comme le propose la Société Mondiale de Projection des Animaux, TripAdvisor décernait, à l’image du certificat d’excellence, un prix comme  «Wildlife Leader » récompensant les opérateurs touristiques dont les pratiques respectent les animaux ? Ce serait une bonne avancée à la fois pour l’industrie touristique et la cause animale.

Pour vous, opérateurs touristiques, nous vous conseillons de lire le guide des bonnes pratiques élaboré par la Société Mondiale de Protection des Animaux.

A bientôt,

Rose
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