Blockchain et tourisme (tentative de vulgarisation…)

Bonjour à tous,

Le Big Bang Blockchain (Le BBB)

Ce soir, je suis allé à une conférence organisée à l’école de commerce parisienne ESCP Europe qui avait pour titre : « Le Big Bang Blockchain : la nouvelle révolution numérique » organisée par Blockchain France. J’avais lu dans la presse ou sur Facebook que les « Blockchain », c’était le nouveau truc disruptif de demain, un machin incroyable qui allait tout révolutionner… Donc, j’y suis allé pour comprendre et potentiellement paraître intelligent et un peu geek à des soirées.

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Je préviens tout de suite, je ne suis pas vraiment un techos et le sujet n’est pas facile facile donc je vais faire de mon mieux pour vous l’expliquer et surtout comprendre l’intérêt, les risques et les opportunités dans le secteur du tourisme.

1er point :Blockchain, c’est quoi ?!

En gros, la blockchain, c’est une technologie, un protocole informatique (comme TCP/IP) qui permet d’avoir un historique décentralisé des transactions qui sont effectuées comme un registre. Ce qui est important dans la blockchain, c’est que c’est un algorithme, du code informatique qui devient le tiers de confiance et non pas une entreprise (et principalement une plateforme web).

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Prenons un exemple, ce sera plus simple… Vous connaissez tous Uber ou Blablacar. Ces plateformes web permettent de mettre en relation des utilisateurs avec des clients à travers une plateforme web qui est gérée par une entreprise privée qui fait de beaux bénéfices en développant cette solution.

L’intérêt de la blockchain, c’est que le tiers de confiance devient uniquement informatique et c’est lui qui gère la mise en relation entre les acteurs au sein d’un réseau décentralisé voir distribué. Comme dans l’Open Source, ce sont tous les utilisateurs du système qui garantissent le bien fondé du système et non pas une entreprise privée et au final, le consommateur a confiance dans le protocole, dans la blockchain, et non pas uniquement dans l’entreprise plateforme.

C’est bon, c’est un peu plus clair ? Sur son site Internet, Blockchain France explique que « Comparée à l’invention du protocole Internet, cette technologie révolutionnaire de stockage numérique et de transmission d’informations s’appuie sur un réseau décentralisé pour s’assurer de la fiabilité de ses transactions. Créatrice de confiance, la blockchain promet une désintermédiation de nombreux secteurs, annonçant ainsi la deuxième génération de plateformes d’économie collaborative».

2ème point : les applications actuelles

A l’origine, les blockchains sont nées en 2009 avec la création de la « crypto-monnaie », le fameux Bitcoin. La volonté était de créer une monnaie et de pouvoir se la partager de manière sécurisée, infalsifiable (chaque Bitcoin à un code) avec un registre public de toutes les transactions.

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Aujourd’hui, les applications ne sont pas uniquement dans la finance mais des intervenants lors de la conférence ont présenté des idées et projets dans la mobilité (comme le projet israélien La Zooz par exemple), dans la démocratie (vote en ligne sans passer par un pouvoir central), l’emploi (mise en relation direct entre recruteur et chômeur), etc.

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Bien sûr, sur la conférence, on s’entend bien que ce n’est encore que le début du mouvement mais il y a comme un souffle nouveau, d’euphorie, de liberté (un peu comme aux débuts du web…).

3ème point : Et le tourisme alors ?

De ce que j’ai compris et de ce que je perçois pour le secteur du tourisme, c’est que les grandes plateformes de mise en relation (Blablacar, Airbnb, Uber, etc.) et toutes les nouvelles start-ups qui pointent leur nez dans la mise en relation Guides locaux / Voyageurs vont devoir faire très attention si elles ne veulent pas se faire « uberiser »… Et oui ! Car si demain, des blockchains sont utilisés pour créer des mises en relation direct entre des hôtes, des cuisiniers, des guides locaux ou des transporteurs sans passer par une entreprise plateforme mais juste un protocole Blockchain…
Et bien tout le monde ira là-dessus ! Dans cette vision-là, je me demande si le Nightswapping ne pourrait pas évoluer sur un protocole de type Blockchain…

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Une entreprise comme Evaneos.com ou bien sûr les tour-opérateurs plus classiques pourraient être ainsi également complètement disruptés…

Autre projet intéressant dans le tourisme, c’est l’importance du Bitcoin bien sûr et d’autres entreprises dans la finance comme Moneytis, qui se considère comme le Booking.com du transfert d’argent ce qui permettra de ne pas passer par les banques… Une évolution de ce système pourra bien imaginer des cas intéressants pour le voyageur itinérant.

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En conclusion :

Au fond, ce qui est intéressant je trouve avec la technologie Blockchain, c’est que cela peut répondre justement à tous les débats actuels sur le nouveau capitalisme des plateformes comme Airbnb ou Uber qui sont valorisés des dizaines de milliards de dollars. La blockchain permettra peut-être d’assainir ce système et au fond d’intégrer un peu de solidarité et de développement durable dans la vision des plateformes grâce à une confiance autorégulée par du code…

Bon, j’espère que je n’ai pas été trop complexe dans mes propos… N’hésitez pas si vous avez des questions. Je reviendrais forcément dessus dans de prochains articles.

A bientôt, Guillaume Cromer, ID-Tourism (Suivez moi sur Twitter & LinkedIn)


Marketing du tourisme durable : et si on transformait le cercle vicieux en cercle vertueux ?

Des touristes ne souhaitant pas sauter le pas

Des études nous racontent que les touristes n’intègrent que trop peu les enjeux du développement durable dans l’acte d’achat d’un voyage. De ce fait, les professionnels du tourisme ne voient pas trop l’intérêt de s’engager et de communiquer là-dessus pour en faire un atout marketing. Sauver la planète et répondre aux engagements de la COP21 ?! Ahah, ce n’est pas vraiment le cadet de leurs soucis… Et vu que les entreprises ne s’engagent pas ou peu et ne communiquent, le client ne change et utilise toujours les mêmes critères pour choisir un séjour, etc. etc. etc. #CercleVicieux

Mais alors, que faudrait-il faire pour inverser la tendance ?

  • La méthode #Bâton : Rendre vraiment obligatoire la responsabilité sociétale et le développement durable pour tous les professionnels du tourisme ? J’imagine déjà les levées de boucliers des professionnels, des syndicats, etc.
  • La méthode #Bisounours : demander aux associations citoyennes de sensibiliser les professionnels, de leur montrer que c’est important de sauver la planète et qu’en plus, ça permet de faire des économies. On appelle ça l’éconologie… Ou leur parler de sobriété heureuse comme le prône Pierre Rabhi. En gros, les convaincre par les sentiments…
  • Enfin, comme le dis Bernard Werber dans ce texte court, « Ne t’attaque pas au système, démode le ». Donc à force de regarder des films comme Demain, le film ou encore En Quête de Sens, je me suis posé la question : de quelle manière on pourrait transformer ce cercle vicieux ou cercle vertueux et ainsi obtenir quelque chose comme ça :

Le Green Hushing ou la peur de l’accusation au Green-Washing

Oh bien sûr, ça reste utopique ! Il suffit de… vous savez bien ! C’est toujours si facile à dire ! Mais concrètement, si déjà les entreprises engagées qui pratiquent le #GreenHushing, le chuchotement vert (c’est-à-dire de ne pas trop communiquer leurs engagements par peur des critiques comme Club Med, Accor, le groupe Pierre & Vacances et même d’autres plus petits acteurs du secteur), communiquaient plus fortement sur ce qu’ils font en matière de développement durable, ça permettrait déjà de lancer la roue, non ?

C’est d’ailleurs ce que je vois actuellement avec une destination qui communique comme le Maroc qui beaucoup de tourisme durable, cela permettra alors aux clients d’avoir un autre regard sur la destination. Aux professionnels par la suite de s’adapter, de s’engager afin de répondre au mieux aux attentes des visiteurs ! Etc. Etc. Etc.

Allez, je vous laisse sur ces réflexions assez brutes. C’est samedi soir, on a d’autres choses à faire mais je reviendrais sûrement sur ce sujet pour le développer avec d’autres cas concrets et des solutions !

A bientôt,

Guillaume Cromer, ID-Tourism (Suivez moi sur Twitter ou sur LinkedIn)