Label « Rivières Sauvages » : vraie plus value ou énième label environnemental ?

Les cours d’eau français

Moins de 1%, c’est ce que représentent les cours d’eau français considérés comme proches d’un état naturel d’après une étude publiée dans le cadre de la mise en œuvre de la Directive Cadre sur l’Eau de l’Union Européenne. C’est à partir de ce constat que l’European Rivers Network France, WWF France et les membres du Fonds pour la préservation des rivières sauvages ont travaillé sur un projet ambitieux et exigeant : la création du label Rivières Sauvages.

Réelle Plus Value ou énième label ?

S’il se veut devenir un outil fédérateur, de reconnaissance et s’étendre sur la scène européenne, on peut se demander si ce label n’est pas simplement un label de plus ? Ou représente-t-il une réelle plus value pour les territoires ? Comment les professionnels du tourisme peuvent-ils se positionner avec ce nouveau label ?

Des critères sous l’égide d’un conseil scientifique

Afin de déterminer quelles vont être les rivières labellisées, un conseil scientifique a déterminé les critères permettant de mesurer l’état de la rivière. Pour ce faire, en 2011, un premier séminaire a rassemblé une trentaine de passionnés de rivières qui ont dû répondre à la question suivante : « Pour vous, c’est quoi une rivière sauvage ? ». Une question subjective qui amène à des critères subjectifs  tels que la valeur paysagère de la rivière. Des normes qui ont du mal à trouver leur place dans une grille de critères qui se veut bâtie sur une certaine objectivité scientifique.

Habitant et rivière sauvage ?

Un label qui assure la préservation globale de Dame Nature, nous approuvons. La labellisation de nos forêts, pourquoi pas. Demandez maintenant à un habitant lambda ce qu’il pense d’une labellisation de nos dernières rivières sauvages, il vous répondra certainement que c’est une excellente initiative, mais  qu’il ne se sent pas concerné. Et c’est une spécialité française que de se désintéresser de ce capital naturel qu’est la rivière sauvage, puisqu’elle appartient dans l’inconscient, à nos amis pêcheurs et amateurs de sports d’eau vive.

Une appropriation populaire chez les Américains

Et pourtant, de l’autre côté de l’Atlantique, nos voisins Nord-Américains ont développé une appropriation populaire de ces lieux avec le National Wild and Scenic River, loi qui vise à protéger le caractère sauvage de certaines rivières. Il en est de paire chez nos voisins européens, en Irlande, les Scientific / Special Area for Conservationreflètent cette protection renforcée des rivières à forte valeur patrimoniale.

La France a aussi impulsé de bonnes initiatives

Pas mauvaise élève pour autant, n’oublions pas que la France est l’instigatrice de nombreuses initiatives nationales et européennes comme la Directive Cadre sur l’Eau, le Plan Loire Grandeur Nature, la Stratégie Nationale pour la Biodiversité ou encore le Grenelle de l’Environnement.

 « Rivières Sauvages » possède trois niveaux de qualité, les trente critères permettront d’obtenir une note sur 100. La rivière qui atteint entre 70 et 80 obtient le niveau « 1 loutron », celle qui atteint entre 80 et 90 obtiendra le niveau « 2 loutrons » et enfin, la rivière qui se rapprochera le plus de l’idéal de la rivière sauvage aura le privilège d’obtenir le niveau « 3 loutrons ».

Verdict ?

Avec moins de 1% de rivières considérées sauvages sur notre territoire, cette classification est-elle réellement utile ? Un touriste changera-t-il sa destination si la rivière du territoire n’a pas le niveau de loutron espéré ?
Selon nous, « Rivières sauvages » n’est pas encore à la hauteur pour être le label de demain. En cause, le désengagement des Français pour ce type de cachet, trop local et pas assez diffusé au grand public malgré l’exposé de Mme Claire Chazal lors du JT de 20h de TF1.

Côté professionnels ?

Du côté des professionnels du tourisme, même scepticisme. Il est indispensable d’utiliser dans un premier temps ce label comme « excuse » pour aider nos rivières qui allaient bien à aller encore mieux, à les valoriser et à les protéger. La première étape est de fédérer des acteurs locaux pour un développement responsable des territoires, élargir un tourisme durable et surtout étendre une pêche respectueuse. Sans un tel engouement local, « Rivières Sauvages » restera dans le registre des « labels pour faire un label ».

 Néanmoins, les petits ruisseaux font parfois de grandes rivières, et c’est aujourd’hui mardi 29 avril 2014, que se tient la création officielle du label « Rivières Sauvages »  à Paris.

 Céline ROMERO

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