Un nouveau label pour les colonies de vacances

La fausse bonne idée du gouvernement…

On estime qu’aujourd’hui en France environ ¼ des jeunes entre 5 et 19 ans ne partent pas en vacances, soit près de 3 millions d’enfants. Dans ce contexte, les colonies de vacances qui ont subi une nouvelle baisse de fréquentation en 2013, notamment dû à la hausse des coûts liés au secteur de l’animation, sont aujourd’hui dans une situation budgétaire catastrophique. Afin de remédier à cette situation, Madame Valérie Fourneyron, actuelle Ministre des Sports et de la Jeunesse veut expérimenter en 2014 un nouveau label afin de promouvoir et distinguer les colonies qui jouent la carte de la mixité sociale, du développement durable et du tourisme de proximité.

Le développement durable dans le tourisme : en aucun cas un outil de promotion efficient!

Selon nous, vouloir relancer le secteur du tourisme social par l’élaboration d’un label de ce type n’est pas une solution probante pour améliorer la visibilité des colonies de vacances novatrices. Pourquoi ? Et bien principalement parce que, de manière générale, les labels dans le secteur du tourisme n’ont pas une notoriété très développée et ne constituent pas un élément de choix de consommation à lui seul.

Dans ce cadre, le site ZOOVER a réalisé en février 2013 une étude sur l’impact des labels de tourisme responsable/durable dans le choix de l’hébergement touristique. Résultat, parmi les 4000 personnes interrogées, 45% pensent que le développement durable dans le tourisme est une problématique intéressante mais n’influence en aucun cas le choix de leurs séjours, 24% des personnes se disent non intéressées par la problématique du développement durable, 26 % disent que cela influence leur décision et seul 5 % affirment ne choisir que des hébergements/séjours certifiés.

La mixité sociale comme valeur ajoutée ?

Parmi “les bonnes idées” qui constitueront les critères du label, les colonies de vacances qui seront certifiées seront celles qui élaboreront des séjours placés sous le signe de la mixité sociale. Au premier abord, il s’agit d’une bonne initiative. Néanmoins, faire de la mixité sociale un argument de vente n’est absolument pas évident voire contraire à la logique. Selon nous, la mixité sociale doit être un objectif mais ne constitue pas un argument commercial, loin de là. Enfin et surtout, les colonies de vacances estampillées par le label ne seront pas forcement plus attractives (voire vu comme un élément négatif) pour les parents des familles aisées.

Un label qui réussit est un label qui émane d’une stratégie commerciale et dédié à un marché spécifique et non pas lié à des valeurs dites “ de citoyenneté”.

En définitive, la problématique principale de la création du label annoncé par le gouvernement est que sa finalité ne réside pas dans une amélioration des capacités des directeurs de centre et colonie de vacances à innover et à s’insérer dans une réponse aux besoins actuels du marché.

Or, le problème principal des colonies de vacances réside dans l’image “vieillotte” qu’elles véhiculent et dans leurs activités et infrastructures qui ne sont plus dans l’air du temps. Selon nous, le nouveau label de la colonie de vacances devrait s’appuyer sur l’élaboration de produits fédérateurs qui plaisent à l’ensemble des jeunes avec des thématiques d’actualités ainsi que sur un appui technique et financier des structures vers une stratégie marketing et de communication actualisée, redéfinissant l’image de marque de la colonie de vacances.

C’est par l’élaboration de produits qui plaisent et qui sont accessibles à tous, que les colonies de vacances pourront redevenir des lieux de rencontres de toutes les classes sociales. Le développement durable et la mixité sociale sont des objectifs mais en aucun cas un argument commercial qui dynamisera le secteur. Selon nous, ce nouveau label devrait s’appuyer sur des offres qui font envie aux jeunes aujourd’hui à savoir : la création artistique, les sports extrêmes, les nouvelles technologies, le cinéma, et la découverte par l’aventure et le jeu.

Benjamin Malaterre, consultant ID-Tourism 

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